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Géopolitique

Sous pression américaine, le G7 va libérer 100 millions de barils

Courrier International · mis à jour 2 oct.

Les pays du G7 se sont accordés, ce vendredi 2 octobre, pour libérer 100 millions de barils de leurs réserves stratégiques. Face à la hausse des prix du carburant, l’administration Trump demandait aux pays européens d’aller dans ce sens et menaçait d’interdire les exportations de diesel provenant des États-Unis..

Décision du G7

Les pays membres du G7, un groupe réunissant sept des économies les plus puissantes au monde (Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni) ainsi que l'Union européenne, ont annoncé le 2 octobre 2026 leur décision de libérer 100 millions de barils de pétrole et de diesel issus de leurs réserves stratégiques. Cette mesure vise à faire baisser les prix des carburants, qui ont fortement augmenté ces dernières semaines. Le diesel, un carburant utilisé par les camions, les tracteurs et certains véhicules, est particulièrement concerné par cette hausse. Les réserves stratégiques sont des stocks de pétrole ou de produits pétroliers maintenus par les États pour faire face à des crises ou à des pénuries soudaines. Cette décision intervient après des pressions répétées de l'administration américaine, dirigée par le président Donald Trump, qui a menacé d'interdire les exportations de diesel américain vers l'Europe si les pays européens ne prenaient pas cette mesure.

Pressions américaines

L'administration Trump a exercé une forte pression sur les pays européens pour qu'ils libèrent une partie de leurs réserves de diesel. Selon le site Politico, les États-Unis ont demandé à l'Union européenne de mettre sur le marché plus d'un tiers de ses réserves stratégiques de diesel. Cette demande s'inscrit dans un contexte où les prix du diesel ont atteint des niveaux records, en partie à cause de la hausse de la demande mondiale et des difficultés d'approvisionnement. Le diesel américain représente plus de la moitié des importations de ce carburant en Europe. Donald Trump a justifié cette pression en invoquant la nécessité de stabiliser les prix pour les consommateurs américains, notamment à l'approche des élections de mi-mandat du 3 novembre 2026, un scrutin crucial pour son parti, les républicains. Il a menacé d'interdire purement et simplement les exportations de diesel américain vers l'Europe si les Européens ne coopéraient pas.

Contexte économique

La hausse des prix du diesel s'explique par plusieurs facteurs économiques et géopolitiques. Selon The New York Times, le diesel et les carburants apparentés représentent environ 28 % de la demande mondiale de pétrole. Cependant, l'approvisionnement en diesel a été fortement perturbé en 2026, notamment en raison de frappes militaires contre des infrastructures énergétiques au Moyen-Orient et en Russie. Ces attaques ont endommagé des raffineries, réduisant la capacité mondiale à transformer le pétrole brut en carburants prêts à être utilisés. Cette situation a créé une pénurie relative de diesel, faisant monter les prix. Le diesel est un carburant essentiel pour les transports de marchandises, l'agriculture et de nombreuses industries, ce qui explique pourquoi sa hausse des prix est devenue un sujet de préoccupation majeure pour les gouvernements et les consommateurs.

Réactions politiques

Les dirigeants du G7 ont réagi à cette crise en annonçant leur décision de libérer des réserves, tout en insistant sur le fait qu'aucune interdiction d'exportation ne serait mise en place. Le président français Emmanuel Macron a souligné que le G7 s'était engagé à maintenir les échanges commerciaux, une position qui a été saluée par Donald Trump sur son réseau Truth Social. Macron a également indiqué que les discussions avec Trump avaient permis d'éviter une escalade des tensions commerciales. De son côté, la Maison-Blanche a confirmé que Trump avait discuté de cette question avec Macron la veille de l'annonce, puis avec les autres dirigeants du G7 lors d'une réunion virtuelle le 2 octobre. Un communiqué conjoint a été publié par les membres du G7, réaffirmant que la stabilité des prix de l'énergie était une priorité absolue pour leurs concitoyens.

Ce que ça pourrait changer

La question des prix des carburants, et notamment du diesel, est devenue un enjeu politique majeur aux États-Unis à l'approche des élections de mi-mandat de novembre 2026. Donald Trump, dont le parti, les républicains, est en difficulté dans les sondages, cherche à montrer qu'il agit pour réduire le coût de la vie pour les Américains. La hausse des prix du diesel, utilisée par de nombreux véhicules utilitaires et poids lourds, touche directement les ménages et les entreprises, ce qui peut influencer le vote des électeurs. En Europe, la situation est également sensible, car les prix élevés des carburants alimentent le mécontentement social. Les gouvernements du G7 espèrent que leur décision de libérer des réserves permettra de calmer les tensions et d'éviter une crise économique plus large.

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