Vous avez peur de regretter vos tatouages? Cette encre inédite permet de les camoufler en fonction de la lumière
Des chercheurs ont mis au point des encres de tatouage multicolores qui s'activent sous l'effet de différentes longueurs d'onde de lumière. Les dessins sur la peau peuvent ainsi être dissimulés, en fonction des circonstances..
Les tatouages sont souvent perçus comme des marques indélébiles, parfois source de regrets pour les personnes qui les réalisent. Selon une étude menée en 2023 par l'American Academy of Dermatology, environ 23 % des personnes ayant un tatouage envisagent de le faire retirer en raison d’un changement de goût, d’une évolution professionnelle ou personnelle, ou simplement parce qu’il ne correspond plus à leur image actuelle. Les méthodes traditionnelles d’effacement, comme le laser, sont coûteuses, douloureuses et peuvent laisser des cicatrices. Par exemple, une séance de laser pour enlever un tatouage de taille moyenne coûte entre 200 € et 500 €, et nécessite en moyenne 5 à 10 séances pour un résultat optimal. Ces contraintes poussent les chercheurs à explorer des solutions innovantes pour répondre à ce besoin croissant.
Des scientifiques de l’Université de Californie à San Diego (UCSD) ont développé une encre de tatouage révolutionnaire capable de camoufler le dessin en fonction de la lumière ambiante. Cette encre, appelée encre photochromique, réagit aux rayons ultraviolets (UV) en changeant de couleur. Par exemple, elle passe du bleu au transparent sous l’effet des UV, puis revient à sa couleur initiale une fois la source lumineuse retirée. Cette technologie s’inspire des encres photochromiques déjà utilisées dans les lunettes de soleil ou certains textiles. Les chercheurs ont testé cette encre sur des modèles animaux et humains, avec des résultats prometteurs : le changement de couleur est réversible et peut être répété des milliers de fois sans altération.
L’encre photochromique contient des molécules photochromiques, des composés chimiques qui modifient leur structure sous l’effet de la lumière UV. Lorsque ces molécules sont exposées aux UV, elles subissent une transformation réversible qui altère leur capacité à absorber certaines longueurs d’onde de la lumière, ce qui change leur couleur apparente. Par exemple, une encre initialement bleue peut devenir transparente ou blanche. Les chercheurs de l’UCSD ont utilisé des nanoparticules pour encapsuler ces molécules et les intégrer à une encre compatible avec les techniques traditionnelles de tatouage. Cette approche permet une application simple et indolore, similaire à celle d’un tatouage classique.
Contrairement aux méthodes d’effacement au laser, cette encre offre une solution non invasive et réversible. Elle ne nécessite pas de séances douloureuses ni de risques de cicatrices, et son coût serait bien inférieur à celui du laser. Selon les estimations des chercheurs, une séance de tatouage avec cette encre coûterait entre 50 € et 150 €, soit trois à dix fois moins cher qu’une séance de laser. De plus, cette encre permet de masquer temporairement le tatouage sans l’effacer définitivement, offrant ainsi une flexibilité aux porteurs. Par exemple, une personne pourrait choisir de rendre son tatouage invisible lors d’un entretien d’embauche ou d’un événement formel, puis le faire réapparaître ensuite.
Bien que prometteuse, cette technologie présente encore des limites. Les chercheurs soulignent que l’encre photochromique doit encore être testée sur une plus grande échelle et pendant des périodes prolongées pour évaluer sa durabilité et ses éventuels effets secondaires. Par exemple, aucune étude n’a encore été publiée sur les risques d’allergies ou d’irritations cutanées à long terme. De plus, le changement de couleur dépend de l’intensité des UV, ce qui peut varier selon les conditions d’éclairage. Les scientifiques envisagent d’améliorer la stabilité de l’encre et d’élargir la palette de couleurs disponibles. À ce stade, cette innovation n’est pas encore commercialisée, mais les chercheurs espèrent la rendre accessible au grand public d’ici quelques années.

