NapseflowNapseflow
Sciences

Non, le pétrole ne vient pas des dinosaures : il s’est formé à partir d’organismes marins bien plus anciens

Science & Vie · mis à jour il y a 15 j

La croyance populaire selon laquelle le pétrole proviendrait des dinosaures est erronée. En réalité, ce précieux liquide est le résultat de la décomposition d'organismes marins anciens, tels que les algues et le plancton..

Origine du pétrole

Contrairement à une idée reçue très répandue, le pétrole ne provient pas de la décomposition de dinosaures, mais d’organismes marins microscopiques bien plus anciens. Ces êtres vivants, principalement des planctons (algues et micro-organismes) et des bactéries, se sont accumulés au fond des océans il y a des centaines de millions d’années. Sous l’effet de la pression et de la chaleur exercées par les couches de sédiments, ces matières organiques se sont transformées en hydrocarbures, c’est-à-dire en composés riches en carbone et en hydrogène, comme le pétrole et le gaz naturel. Ce processus, appelé fossilisation, s’étale sur des périodes géologiques extrêmement longues, de plusieurs dizaines à centaines de millions d’années.

Période de formation

Le pétrole s’est formé principalement pendant l’ère paléozoïque et le mésozoïque, deux grandes périodes de l’histoire de la Terre. L’ère paléozoïque, qui s’étend de -541 à -252 millions d’années, a vu l’émergence de nombreux organismes marins dont les restes ont contribué à la formation des gisements. Le mésozoïque, quant à lui, inclut la période des dinosaures (-252 à -66 millions d’années), mais ceux-ci n’ont joué qu’un rôle marginal dans la genèse du pétrole. Les dépôts les plus anciens remontent à environ 300 millions d’années, tandis que les gisements exploités aujourd’hui se sont formés il y a entre 100 et 200 millions d’années, principalement dans des environnements marins peu profonds.

Processus géologique

La transformation des matières organiques en pétrole s’effectue en plusieurs étapes. D’abord, les organismes morts s’accumulent dans les sédiments des fonds marins. Sous l’effet de la diagenèse, un processus de compactage et de réactions chimiques, ces sédiments se transforment en roches mères, riches en matière organique. Ensuite, sous l’effet de la chaleur et de la pression croissantes (entre 60°C et 120°C), cette matière organique se décompose en kérogène, un mélange complexe de molécules organiques. Enfin, à des températures plus élevées (120°C à 200°C), le kérogène se craque pour former du pétrole liquide ou du gaz naturel. Ce pétrole migre ensuite vers des couches géologiques plus poreuses, appelées roches réservoirs, où il peut être exploité.

Idée reçue et réalité

L’idée que le pétrole provient des dinosaures est une fausse croyance popularisée par des images de films ou des représentations schématiques simplifiées. En réalité, les dinosaures, bien que nombreux à l’ère mésozoïque, étaient des animaux terrestres ou aquatiques de grande taille, dont les restes se décomposent difficilement en hydrocarbures. De plus, leur biomasse est bien moindre que celle des micro-organismes marins, qui représentent la principale source de carbone pour la formation du pétrole. Les géologues et les scientifiques spécialisés en énergie ont depuis longtemps infirmé cette théorie, confirmant que les organismes marins microscopiques sont à l’origine de plus de 90 % des réserves de pétrole mondiales.

Ce que ça pourrait changer

La compréhension de l’origine réelle du pétrole a des implications majeures pour son exploitation et la gestion des ressources énergétiques. Les gisements de pétrole se trouvent principalement dans des régions où d’anciens fonds marins ont été recouverts par des sédiments, comme le Moyen-Orient, la mer du Nord ou le golfe du Mexique. Aujourd’hui, environ **80 %** de l’énergie mondiale provient encore des hydrocarbures, malgré les efforts pour développer des énergies renouvelables. Cette dépendance soulève des enjeux économiques, géopolitiques et environnementaux, notamment en raison des émissions de CO₂ liées à la combustion des énergies fossiles. Les recherches en cours visent à améliorer les techniques d’extraction et à explorer de nouveaux gisements, tout en accélérant la transition vers des énergies plus durables.

Sujets complémentaires