La guerre contre Trump sur les murs de Téhéran
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Depuis la Révolution islamique de 1979, l’Iran utilise son espace urbain, notamment à Téhéran, comme un outil de propagande d’État. Les murs, les affiches et les fresques murales y diffusent massivement des messages hostiles envers les États-Unis, un thème récurrent depuis près de 50 ans. Ces supports peuvent prendre la forme de grandes affiches, de peintures murales, de caricatures exposées dans les stations de métro ou encore de lieux symboliques comme le Musée de l’arrogance occidentale, anciennement l’ambassade américaine à Téhéran, reconverti en espace de dénonciation des « méfaits » des États-Unis. Ces campagnes visuelles visent à renforcer l’opinion publique iranienne et à diffuser une image négative de l’ennemi américain, notamment depuis le début de la guerre directe entre les deux pays en 2025, intensifiée le 28 février 2026.
Depuis 2025, la propagande iranienne cible directement Donald Trump, président des États-Unis. Plusieurs affiches et graffitis appellent non pas à une opposition politique, mais à son assassinat pur et simple. Ces messages utilisent un style d’écriture volontairement simple et non calligraphié, évoquant des tags spontanés, ou s’inspirent des messages de deuil écrits à la craie lors des funérailles d’Ali Khamenei en juillet 2026. Cette personnalisation de l’ennemi s’inscrit dans une logique de vendetta (vengeance) ouverte par l’assassinat du général Qassem Soleimani en 2020 et renforcée par celui du Guide suprême Ali Khamenei et de sa famille en février 2026. Les références religieuses (martyre, Muharram), nationalistes (poète Ferdowsi) et populaires (mèmes, hashtags, anglais) montrent que cette propagande est conçue pour toucher à la fois les Iraniens dans les rues et un public international.
Les affiches iraniennes, comme celles de la place Vali-e Asr à Téhéran, sont conçues pour une diffusion virale. Leur format horizontal, leurs slogans bilingues (persan/anglais) et leur typographie lisible en miniature sur smartphone visent à être immédiatement relayées par les agences de presse, les médias internationaux et les réseaux sociaux. Ces images deviennent ainsi des symboles mondiaux en quelques heures. Leur production est assurée par des organisations comme Owj, une ONG fondée en 2011 et affiliée aux Gardiens de la révolution, en partenariat avec la municipalité de Téhéran. Depuis peu, l’Iran utilise aussi l’intelligence artificielle pour générer des images de propagande. Le recours à l’anglais et à des symboles comme le détroit d’Ormuz, représenté sous forme de carte ou d’eau, souligne l’idée d’une puissance financière américaine en déclin face à la fermeture de cette voie maritime stratégique.
La propagande iranienne ne se limite pas aux murs de Téhéran. Des médias iraniens ont diffusé des contenus appelant à l’assassinat de membres de la famille de Donald Trump, comme une vidéo intitulée « Où tuer Barron Trump » promettant 10 millions de dollars pour quiconque tuerait son fils. Ces menaces s’inscrivent dans un contexte d’escalade verbale entre l’Iran et les États-Unis, où les deux camps intègrent désormais l’assassinat ciblé dans leur doctrine militaire. Par exemple, quatre jours après les frappes du 28 février 2026, le secrétaire à la Guerre américain Pete Hegseth a déclaré que « l’Iran a tenté d’assassiner le président Trump, mais c’est le président Trump qui a eu le dernier mot ». Ces déclarations s’accompagnent de mesures concrètes, comme le changement d’avion de Trump lors d’un sommet de l’OTAN à Ankara pour éviter une attaque.
Les fresques murales iraniennes utilisent des symboles variés pour renforcer leur message. Par exemple, une affiche à Téhéran montre Ali Khamenei derrière une lune de sang, avec le slogan « Il faut décoller », en référence à une chanson hommage lors de ses funérailles. Une autre, à Beyrouth, met en avant les liens entre l’Iran et le Liban avec des drapeaux mélangés et le message « Merci, Iran ». D’autres fresques représentent des missiles balistiques ou détournent des symboles américains, comme le sceau des États-Unis modifié avec une étoile de David, des armes et des vaccins, suggérant des théories complotistes. Ces images s’appuient sur des références culturelles fortes, comme le poète Ferdowsi ou le footballeur Hamid Estili, pour toucher différents publics.
Face à ces menaces, les États-Unis et Israël ont adopté des mesures de rétorsion. Depuis février 2026, Washington et Tel-Aviv ont éliminé une partie importante de la haute hiérarchie iranienne. Par exemple, Benjamin Netanyahou a affirmé que l’Iran avait tenté d’assassiner l’un de ses fils. Ces actions ont des répercussions sur la sécurité des dirigeants américains et israéliens. Ainsi, Donald Trump a modifié son itinéraire lors d’un sommet de l’OTAN à Ankara pour éviter une possible attaque. Ces dynamiques illustrent une escalade où la propagande verbale s’accompagne d’actions militaires concrètes, créant un climat de tension extrême entre les deux camps.

