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Environnement

Google, Meta, Amazon… Comment sortir des Gafam et pourquoi c’est si compliqué ?

Vert.eco · mis à jour il y a 5 j

Les menaces commerciales de Donald Trump ont brutalement rappelé à l’Europe l’ampleur de sa dépendance aux technologies étasuniennes. Des alternatives aux produits développés par les Gafam existent, mais la sortie s’annonce longue et introspective.

Dépendance européenne aux Gafam

En 2026, l’Europe reste fortement dépendante des services numériques américains développés par les Gafam (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft). Cette dépendance s’étend des infrastructures comme les semi-conducteurs aux logiciels et au cloud, ces serveurs mondiaux qui stockent et traitent les données. Par exemple, plusieurs ministères français, dont celui de la justice, utilisent Microsoft Office 365 pour héberger des données sensibles. Cette situation expose les États européens à des pressions politiques et économiques des États-Unis. En août 2025, un juge français a été sanctionné par Washington, le privant d’accès à des services comme Amazon ou Netflix, illustrant la vulnérabilité des Européens face à la législation américaine. La Commission européenne et la France tentent de renforcer la souveraineté numérique, mais le rapport de force reste en faveur des États-Unis.

Menaces américaines sur l'autonomie

Les tensions géopolitiques entre l’Europe et les États-Unis ont accentué la prise de conscience des limites de l’autonomie numérique européenne. En juin 2026, Donald Trump a menacé d’imposer des droits de douane de 100 % aux pays taxant les services numériques américains. Par ailleurs, en juin 2026, l’administration Trump a contraint la start-up d’intelligence artificielle Anthropic à suspendre l’accès de ses modèles d’IA les plus puissants aux ressortissants étrangers, invoquant des raisons de sécurité nationale. Ces mesures montrent comment les États-Unis utilisent leur domination technologique comme levier politique, limitant l’indépendance des Européens dans des domaines stratégiques comme l’IA ou les services en ligne.

Origines de la dégooglisation

L’association française Framasoft a été pionnière dans la sortie des Gafam dès 2014, après les révélations d’Edward Snowden sur la surveillance de masse par la NSA américaine. Snowden avait exposé le programme Prism, qui collectait massivement les données personnelles des utilisateurs de Google, Apple et autres géants américains. Framasoft a lancé la campagne Dégooglisons internet pour proposer des alternatives libres aux services dominants. Parmi elles, Framaforms pour les questionnaires, PeerTube pour remplacer YouTube ou Framapad pour l’écriture collaborative. Aujourd’hui, ces services comptent 2,5 millions d’utilisateurs. Cette démarche visait à réduire la dépendance aux outils américains et à protéger la vie privée.

Alternatives locales et enjeux

Face aux risques géopolitiques et à la surveillance, des entreprises françaises développent des alternatives aux Gafam. Murena, par exemple, propose un système d’exploitation mobile pour s’affranchir d’Android, développé par Google. Son chiffre d’affaires a doublé en 2026, reflétant un intérêt croissant pour des solutions locales. Mailo, un service de messagerie français, a vu son chiffre d’affaires quadrupler en 2026, notamment après les menaces d’annexion du Groenland par les États-Unis. Mailo stocke ses données dans des centres cloud 100 % français, mais Lorraine de Montenay, experte en numérique responsable, rappelle que la souveraineté numérique dépend aussi du droit applicable et de l’administration des données, pas seulement de leur localisation géographique.

Impact environnemental des Gafam

Les Gafam sont aussi pointés du doigt pour leur empreinte écologique. Cyrielle Chatelain, rapporteure d’une commission d’enquête française sur les dépendances numériques, souligne que leurs centres de données, ou data centers, consomment d’énormes quantités d’électricité et d’eau. Malgré leurs engagements, leurs émissions de gaz à effet de serre augmentent parfois, notamment avec le déploiement massif de ces infrastructures, parfois alimentées par des énergies fossiles. La députée iséroise dénonce aussi l’enseignement du numérique à l’école, qui se limite souvent à l’utilisation de Microsoft Word ou de Google, au détriment d’une approche plus large et critique des technologies.

Ce que ça pourrait changer

Quitter les Gafam ne se fait pas du jour au lendemain. Cyrielle Chatelain recommande une transition progressive, par exemple en changeant de moteur de recherche ou de messagerie. Il est essentiel de vérifier la *portabilité des données*, c’est-à-dire la possibilité de récupérer ses données personnelles pour les transférer ailleurs, et l’*interopérabilité des services*, qui permet à différents systèmes d’échanger des données sans restriction. Gaël Duval, fondateur de Murena, estime que cette transition est un projet de long terme, probablement sur quinze à vingt ans. Il souligne que les effets de réseau, où un outil adopté par tous devient incontournable, rendent la sortie des Gafam structurellement difficile.

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