En Argentine, le “super El Niño” empêche l’accès aux chutes du parc d’Iguazu
L’Argentine se prépare à un “super El Niño”, un phénomène climatique qui s’annonce particulièrement violent cette année. L’un des premiers effets mesurables et très impressionnant : l’augmentation drastique du débit du fleuve Iguazu, qui rend dangereuse une partie du parc national des chutes éponymes, les plus vastes et larges du monde, l’un des sites touristiques les plus côtés d’Argentine..
En 2026, l’Argentine et plusieurs pays d’Amérique du Sud subissent un phénomène climatique exceptionnel appelé super El Niño. Ce terme désigne un épisode particulièrement intense du phénomène naturel El Niño, qui se caractérise par un réchauffement anormal des eaux de surface dans l’océan Pacifique équatorial. Ce réchauffement perturbe les courants atmosphériques et entraîne des perturbations météorologiques à l’échelle mondiale. Selon la télévision publique argentine TVP, cet épisode est le plus puissant des quarante dernières années et devrait durer au moins jusqu’en février 2027. Les scientifiques, comme Matilde Rusticucci, professeure en sciences de l’atmosphère, prévoient des pluies bien plus intenses que la normale, dépassant la capacité d’absorption des sols et provoquant des crues exceptionnelles.
Le fleuve Iguaçu, qui alimente les chutes du parc national d’Iguaçu, a connu une crue record en 2026 en raison des fortes pluies liées au super El Niño. Le débit du fleuve a atteint des niveaux historiques : 6 580 m³ par seconde en juillet, 8 370 m³ par seconde début septembre et jusqu’à 10 100 m³ par seconde le 12 septembre. À titre de comparaison, le débit moyen du fleuve est d’environ 1 500 m³ par seconde. Ces crues ont rendu dangereuse l’accès aux passerelles du parc national, notamment celles menant à la Gorge du diable, la chute la plus spectaculaire du site. Les autorités ont donc décidé de démonter ces passerelles par précaution, craignant qu’elles ne soient emportées par le courant.
Face à la montée des eaux et aux risques pour les visiteurs, les autorités du parc national d’Iguaçu ont fermé l’accès à la Gorge du diable et ont démonté les passerelles menant à cette attraction majeure. Les piliers de béton des passerelles restent en place, mais l’accès est interdit jusqu’à nouvel ordre. Le parc, qui reçoit environ 1,5 million de touristes par an, n’a pas annoncé de date de réouverture. Les chutes d’Iguaçu, situées à la frontière entre l’Argentine et le Brésil, sont considérées comme les plus larges du monde et sont classées parmi les plus beaux parcs nationaux, selon le magazine Condé Nast Traveler.
Le super El Niño de 2026 trouve son origine dans le réchauffement anormal des eaux du Pacifique équatorial, un phénomène naturel cyclique mais amplifié cette année. Ce réchauffement perturbe les courants atmosphériques, provoquant des pluies intenses et prolongées dans certaines régions, comme le Nord-Est de l’Argentine et le sud du Brésil. Ces pluies alimentent directement le fleuve Iguaçu, dont le débit explose en conséquence. Les scientifiques soulignent que ces épisodes extrêmes deviennent plus fréquents et plus intenses en raison du changement climatique, bien que ce lien ne soit pas explicitement mentionné dans l’article.
Les crues exceptionnelles du fleuve Iguaçu ne se limitent pas à l’Argentine. Le sud du Brésil, qui partage ce fleuve, subit également les conséquences de ces inondations. Les autorités brésiliennes et argentines surveillent de près l’évolution de la situation, car les pluies liées au *super El Niño* pourraient continuer à alimenter le fleuve dans les mois à venir. Les experts craignent que ces épisodes ne deviennent plus fréquents à l’avenir, en raison de l’aggravation du changement climatique. Pour l’instant, aucune estimation des dégâts économiques ou touristiques n’a été communiquée.

