En Équateur, des alertes météo sur WhatsApp remplacent les systèmes de prévisions ancestraux
Inquiets devant le super-El Niño, qui accentue les aléas climatiques, les paysans équatoriens peuvent compter sur des bulletins météo augmentés par intelligence artificielle pour mieux se préparer. Une béquille précieuse pour ce petit pays andin où la paysannerie reste pauvre..
En 2026, l'Équateur subit les effets d'un phénomène climatique appelé super-El Niño, une version particulièrement intense du El Niño classique. Ce dernier se caractérise par un réchauffement anormal des eaux du Pacifique, entraînant des perturbations météorologiques mondiales. En Équateur, cela se traduit par des pluies diluviennes sur la côte, provoquant des inondations comme celles qui ont submergé près de 20 000 hectares de champs de canne à sucre, rendant les récoltes impossibles. Dans les zones montagneuses de la sierra, des sécheresses et des vagues de chaleur favorisent les incendies de forêt. Ces aléas climatiques aggravent la précarité des paysans, déjà vulnérables, et perturbent les récoltes de riz, faisant flamber les prix à Quito, la capitale.
Traditionnellement, les paysans équatoriens s'appuyaient sur des méthodes de prévision météorologique ancestrales pour anticiper les conditions climatiques. Parmi elles, les cabañuelas étaient des prévisions basées sur l'observation des premiers jours de janvier, tandis que l'Almanach de Bristol fournissait des prédictions astronomiques et astrologiques, des conseils pour les semis et un calendrier lunaire. Cependant, ces techniques, transmises de génération en génération, ne sont plus fiables face au dérèglement climatique actuel, qui rend les conditions météorologiques imprévisibles et extrêmes.
Pour pallier cette situation, le Programme alimentaire mondial (PAM) de l'ONU a développé un système d'alertes météo innovant, diffusé via WhatsApp, une application de messagerie instantanée très répandue en Équateur. Ces bulletins, enrichis par l'intelligence artificielle, permettent aux agriculteurs de recevoir des prévisions précises et actualisées. Environ 15 000 paysans bénéficient déjà de ce service, grâce à des responsables communautaires formés pour relayer ces informations. Ce système vise à les aider à mieux préparer leurs cultures et à limiter les pertes liées aux aléas climatiques.
Les conséquences du super-El Niño et des méthodes traditionnelles inefficaces pèsent lourdement sur l'agriculture équatorienne. Les inondations ont détruit des milliers d'hectares de cultures, tandis que les sécheresses menacent les récoltes dans les régions montagneuses. À Quito, les prix du riz ont déjà augmenté en raison de la baisse des productions. Ces difficultés touchent particulièrement les petits paysans, souvent pauvres et dépendants de leurs récoltes pour survivre. Le système d'alertes météo sur WhatsApp représente donc une solution d'urgence pour atténuer ces impacts et sécuriser les moyens de subsistance des agriculteurs.
Le Programme alimentaire mondial (PAM), une agence des Nations unies, joue un rôle clé dans la mise en place de ce système d'alertes. En collaborant avec des responsables locaux, il permet de toucher un large public de paysans, souvent isolés géographiquement. Cette initiative illustre une adaptation des outils modernes, comme l'intelligence artificielle et les applications mobiles, aux besoins des communautés rurales. Elle montre également comment des solutions technologiques peuvent compléter ou remplacer des savoirs traditionnels devenus inadaptés dans un contexte de changement climatique accéléré.

