L’annulation du Festival du film de la mer Rouge, un sérieux revers saoudien
Lundi 21 septembre, l’Arabie saoudite a annoncé le report à l’an prochain de la sixième édition de son prestigieux festival de cinéma. Pour la presse internationale, c’est le signe que le “soft power” du royaume est bien fragile face au contexte géopolitique régional..
Le Festival du film de la mer Rouge est un événement culturel lancé en 2021 à Djeddah, en Arabie saoudite. Il est présenté comme le plus important festival de cinéma et marché du film dans le monde arabe par le magazine américain Variety. Ce festival vise à positionner l'Arabie saoudite comme une destination internationale pour la culture, le tourisme et les investissements. Il a rapidement attiré des personnalités majeures du cinéma, tant arabes qu'internationales, comme Dakota Johnson, Uma Thurman, Ana de Armas ou encore Vin Diesel lors de l'édition 2025. Le jury de cette édition était présidé par le réalisateur Sean Baker, lauréat de la Palme d'or et d'un Oscar pour son film Anora.
L'Arabie saoudite a annoncé le 21 septembre 2025 l'annulation de l'édition 2026 du Festival du film de la mer Rouge, initialement prévue du 3 au 12 décembre 2026. Cette décision a été justifiée par des défis logistiques, sans autres précisions. L'événement a finalement été reporté à la fin de l'année 2027. Cette annulation s'inscrit dans un contexte de tensions régionales croissantes, notamment en raison des attaques menées par les rebelles houthistes du Yémen, soutenus par l'Iran, qui perturbent l'économie du royaume saoudien.
Le Festival du film de la mer Rouge joue un rôle clé dans la stratégie de diversification économique du prince héritier Mohammed ben Salman, connu sous l'acronyme MBS. L'événement a été créé trois ans après la levée, en 2018, d'une interdiction de 35 ans des cinémas en Arabie saoudite. L'objectif est de transformer le pays en une destination culturelle et touristique majeure, tout en attirant des investissements internationaux. Cependant, des critiques émergent quant à la viabilité de certains mégaprojets culturels saoudiens, qualifiés de gigaflop par certains observateurs, en raison de leur coût élevé et de leur impact limité.
Le report du festival s'ajoute à d'autres annulations récentes en Arabie saoudite, comme le Grand Prix de Formule 1 de Djeddah, annulé cinq mois plus tôt. Ces perturbations sont attribuées aux attaques des rebelles houthistes du Yémen, un conflit qui s'inscrit dans le cadre plus large de la rivalité entre l'Arabie saoudite et l'Iran pour l'influence au Moyen-Orient. Ces tensions géopolitiques affectent directement l'économie saoudienne, qui cherche à diversifier ses revenus au-delà du pétrole. Le festival, en tant que vitrine culturelle, devient ainsi un symbole des défis auxquels le royaume est confronté.

