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Le produit dopant expérimental « Wolverine » circule partout sans aucun contrôle : pourquoi les sportifs amateurs et les malades courent un gros risque ?

Presse-Citron · mis à jour il y a 3 j

C'est une substance qui n'a jamais été approuvée pour un usage humain, interdit par l'Agence mondiale antidopage. Pourtant, il connaît un important regain de popularité outre-Atlantique, un phénomène qui ne manque pas d'inquiéter les autorités sanitaires..

Qu'est-ce que le BPC-157

Le BPC-157, ou Body Protection Compound 157, est un peptide synthétique dérivé d'une protéine naturellement présente dans le système intestinal humain, plus précisément dans les sucs gastriques. Isolé dans les années 1990, ce composé a montré des effets prometteurs sur la réparation tissulaire lors d'études précliniques, c'est-à-dire réalisées uniquement sur des rongeurs ou dans quelques études non contrôlées sur l'être humain. Ses propriétés incluent la stimulation de l'activité des fibroblastes (cellules fabriquant les tissus), l'accélération de la synthèse du collagène, la formation de nouveaux vaisseaux sanguins et une cicatrisation plus rapide des tendons, muscles, ligaments et muqueuses digestives. Ces caractéristiques en font un produit attractif pour les sportifs, malgré son absence d'approbation par les agences sanitaires mondiales.

Popularité en forte hausse

Entre 2020 et 2026, le nombre d'utilisateurs de BPC-157 aux États-Unis a été multiplié par 33, passant de quelques centaines à 1 039 patients identifiés dans une étude récente. L'âge moyen des usagers est passé de 55 à 49 ans sur la même période. Ce peptide est souvent associé au TB-500, un autre peptide non homologué, formant un mélange appelé Wolverine stack par les amateurs de musculation, en référence au personnage de Marvel aux capacités régénératives. Bien que considéré comme un produit dopant interdit en compétition sportive, son accessibilité reste très large, notamment via des pharmacies préparatrices, des vendeurs en ligne ou des plateformes de télémédecine.

Usages et motivations

Les raisons de la prise de BPC-157 sont documentées pour 644 des 1 039 patients étudiés. Les utilisateurs l'emploient principalement pour soigner d'anciennes blessures, accélérer la guérison post-chirurgicale, soulager la douleur ou traiter des troubles digestifs. Les modes d'administration varient : voie orale pour 17,3 % des patients, injection sous-cutanée pour 13,6 % et intramusculaire pour 1,4 %. Cependant, dans la moitié des cas, le BPC-157 est associé à d'autres substances comme la testostérone, des corticostéroïdes ou des anti-inflammatoires, rendant impossible l'évaluation de ses effets propres. Les médecins ne demandent pas toujours à leurs patients s'ils en consomment, ce qui sous-estime probablement son usage réel.

Risques et effets secondaires

Depuis 2021, 10 signalements d'effets indésirables graves liés au BPC-157 ont été enregistrés dans la base de pharmacovigilance de la FDA, dont huit en 2026. Ces effets incluent des symptômes neuropsychiatriques, dermatologiques ou gastro-intestinaux. Par ailleurs, le BPC-157 stimule l'angiogenèse, c'est-à-dire la formation de nouveaux vaisseaux sanguins, un processus qui, en oncologie, peut favoriser la croissance des tumeurs. Bien qu'aucun essai clinique n'ait confirmé ce risque, l'hypothèse reste scientifiquement plausible. Malgré ces alertes, le BPC-157 est parfois utilisé en automédication pour des pathologies chroniques comme la maladie de Crohn ou des douleurs articulaires.

Ce que ça pourrait changer

Aux États-Unis, les restrictions entourant le BPC-157 pourraient être levées sous l'impulsion de Robert Francis Kennedy Jr., secrétaire à la Santé et aux Services sociaux, connu pour ses positions antivaccins et ses théories du complot. En juillet 2026, un comité consultatif de la FDA s'est prononcé à huit voix contre six en faveur de sa réintégration sur la liste des substances autorisées en pharmacie, ouvrant la possibilité de sa fabrication sur ordonnance. Cette décision pourrait accélérer sa démocratisation plutôt que de la freiner. Pourtant, aucune étude prospective n'a encore évalué son efficacité et sa sécurité chez l'être humain.

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