La police de Lévis visée par une enquête en lien avec le décès de Maëlyne Lugez
Une enquête publique a déjà noté des manquements de la part des policiers dans la recherche de l’adolescente..
Le Service de police de la Ville de Lévis (SPVL) est actuellement visé par une enquête officielle menée par le Commissaire à la déontologie policière. Cette enquête examine si les policiers ont commis des actes dérogatoires au Code de déontologie des policiers du Québec lors de l’intervention liée à la disparition de Maëlyne Lugez. Le terme acte dérogatoire désigne ici un comportement qui ne respecte pas les règles éthiques ou professionnelles imposées aux policiers. L’enquête a débuté fin septembre 2026, soit après la publication du rapport du coroner Luc Malouin sur le décès de l’adolescente. Ce dernier avait déjà pointé des manquements dans les recherches policières, tout en soulignant la bonne foi des agents.
Maëlyne Lugez, une adolescente de 16 ans, a disparu en novembre 2024 après avoir quitté son école secondaire de Lévis pendant l’heure du midi. Elle s’est rendue dans un boisé situé à environ 700 mètres de son établissement. Son corps a été retrouvé un peu plus de 24 heures plus tard, le visage plongé dans un ruisseau. Selon le rapport du coroner Malouin, publié en septembre 2025, elle serait probablement décédée d’un accident lié à l’hypothermie en soirée ou dans la nuit. Le coroner a écarté l’hypothèse d’un suicide, expliquant qu’elle aurait pu avoir un malaise avant de s’affaisser et de ramper jusqu’au ruisseau où elle se serait noyée accidentellement.
L’enquête publique du coroner Malouin a révélé plusieurs lacunes dans l’intervention des policiers. Parmi elles, le périmètre de recherche n’a pas été étendu au-delà de 300 mètres, alors que la procédure l’exigeait. De plus, l’utilisation d’un maître-chien (un policier spécialisé dans la recherche avec des chiens) a été tardive, et la communication entre le SPVL et la Sûreté du Québec (la police provinciale) a fait défaut. Ces erreurs ont conduit à l’arrêt prématuré des recherches vers 21 h 30, malgré le fait que Maëlyne Lugez était probablement encore en vie à ce moment-là. Le coroner a cependant précisé que ces manquements n’auraient pas nécessairement changé le dénouement tragique.
Deux coroners ont été impliqués dans l’affaire. D’abord, la coroner Sophie Régnière a conclu en novembre 2025 à une mort accidentelle, sans analyser en profondeur l’intervention policière. Son rapport a été critiqué par le père de Maëlyne Lugez, ce qui a conduit à une seconde enquête publique menée par le coroner Luc Malouin. Ce dernier a publié ses conclusions en septembre 2025, confirmant la mort accidentelle mais pointant des erreurs dans les recherches. Un coroner est un médecin légiste chargé d’enquêter sur les causes des décès inhabituels ou suspects.
L’enquête déontologique en cours vise à déterminer si les policiers du SPVL ont enfreint les règles de leur profession. Si des manquements sont confirmés, des sanctions pourraient être appliquées, allant de l’avertissement à la suspension. Parallèlement, cette affaire soulève des questions plus larges sur les procédures de recherche des personnes disparues, notamment dans des conditions difficiles comme la nuit ou l’hiver. Le père de Maëlyne Lugez a déjà exprimé son mécontentement face aux rapports initiaux, ce qui a accéléré la mise en place de cette nouvelle enquête.

