Mistral répond aux critiques du moteur de recherche allemand Ecosia, qui vient de lui claquer la porte
Le moteur de recherche allemand Ecosia annonce l’abandon des modèles Mistral pour propulser ses fonctionnalités IA. Le CEO d’Ecosia a notamment critiqué les performances des technologies Mistral.
Le moteur de recherche allemand Ecosia, connu pour son engagement écologique et son statut d’alternative européenne à Google, a annoncé mettre fin à son partenariat avec Mistral, une entreprise française spécialisée dans l’intelligence artificielle. Actuellement, Ecosia utilise les modèles Mistral Small 3.2 et Mistral Small 4 pour ses fonctionnalités d’IA. Cependant, le PDG d’Ecosia, Christian Kroll, a critiqué publiquement ces technologies, les jugeant de mauvaise qualité et en retard de plusieurs années par rapport à la concurrence. Ecosia a donc décidé de se tourner vers d’autres modèles ouverts, incluant des IA chinoises, pour améliorer ses services. Cette décision s’inscrit dans un contexte où Ecosia remet également en cause l’argument de souveraineté européenne de Mistral, en raison de ses investisseurs internationaux comme Microsoft, Nvidia et Samsung.
En réponse aux critiques d’Ecosia, Guillaume Lample, cofondateur et directeur scientifique de Mistral, a invité le moteur de recherche allemand à tester son dernier modèle, Mistral Large 4. Selon Mistral, ce modèle fait partie des meilleures IA ouvertes au monde et rivalise même avec les meilleurs modèles chinois sur certains critères de performance. Guillaume Lample a souligné que Mistral Large 4 représente un saut technologique majeur et a encouragé Ecosia à tester ce nouveau modèle sans attendre. Il a également expliqué que le développement d’une IA performante nécessite du temps, des ressources et une croissance exponentielle, invitant Ecosia à accompagner cette progression. Mistral mise aussi sur la personnalisation des modèles pour améliorer les résultats, un axe stratégique de son approche.
Outre les performances jugées insuffisantes des modèles Mistral, Ecosia a formulé deux autres critiques majeures. La première concerne la souveraineté européenne de Mistral, remise en question en raison de ses investisseurs étrangers, dont Microsoft, Nvidia et Samsung, qui ne sont pas basés en Europe. Christian Kroll a déclaré que cette dépendance financière ne garantit pas une véritable autonomie technologique pour l’Europe. La seconde critique porte sur l’énergie nucléaire, une part importante du mix énergétique français. Ecosia, dont l’activité est centrée sur l’écologie et la plantation d’arbres (250 millions d’arbres plantés à ce jour), s’interroge sur la compatibilité de cette source d’énergie avec ses engagements environnementaux. Ces deux points ont contribué à la décision d’Ecosia de se détourner de Mistral.
Malgré la perte d’Ecosia, Mistral a récemment annoncé un partenariat avec Mozilla Firefox, intégrant l’un de ses modèles dans les fonctionnalités IA du navigateur. Cette collaboration montre que Mistral continue de se développer et de s’imposer comme un acteur clé dans le domaine de l’IA en Europe. Par ailleurs, le PDG de Mistral a indiqué que l’entreprise comble progressivement son retard face aux concurrents américains, réduisant l’écart à quelques mois seulement. Cette affirmation contraste avec les critiques d’Ecosia, qui évoquait un retard de plusieurs années. Mistral mise ainsi sur une croissance rapide et une amélioration continue de ses technologies pour renforcer sa position sur le marché mondial.

