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Géopolitique

Qui est Aliko Dangote, l’homme le plus riche d’Afrique ?

Courrier International · mis à jour il y a 5 h

Il veut donner un tiers de sa fortune “à l’humanité”, “industrialiser toute l’Afrique” et “faire baisser le chômage dans le contexte d’explosion démographique de la jeunesse africaine”, résume “The New York Times”. Mais le projet de mégaraffinerie d’Aliko Dangote au Kenya fait débat..

Portrait d'Aliko Dangote

Aliko Dangote est un homme d'affaires nigérian, reconnu comme l'homme le plus riche d'Afrique en 2026. Il s'est fixé un objectif ambitieux : donner un tiers de sa fortune à l'humanité, tout en cherchant à industrialiser le continent africain. Son ambition principale est de réduire le chômage, un défi majeur face à l'explosion démographique de la jeunesse africaine. Dangote a bâti sa fortune dans divers secteurs, notamment l'industrie, les cimenteries et le pétrole. Son entreprise phare, le groupe Dangote, est devenue un symbole de l'entrepreneuriat africain, avec des investissements colossaux dans des infrastructures industrielles comme des raffineries de pétrole.

Projet de raffinerie au Kenya

En septembre 2026, Aliko Dangote a lancé la construction d'une raffinerie de pétrole géante à Lamu, au Kenya, d'une capacité de 700 000 barils par jour. Cette raffinerie, une fois opérationnelle, sera la plus grande d'Afrique et dépassera même les capacités des raffineries européennes. Le coût total du projet s'élève à 20 milliards de dollars, et la production de carburant a déjà commencé. L'objectif est de répondre à la demande locale en énergie tout en réduisant la dépendance du continent aux importations de produits pétroliers. Cependant, ce projet suscite des controverses, notamment en raison de son impact environnemental et des défis logistiques liés à sa localisation.

Introduction en Bourse (IPO)

Pour financer partiellement ce projet, Aliko Dangote a organisé une introduction en Bourse (IPO) de sa raffinerie kényane, présentée comme la plus importante jamais réalisée en Afrique. L'IPO permet à des investisseurs d'acheter des actions de l'entreprise. Dangote a souhaité rendre cette opération accessible au grand public, avec la possibilité d'acheter des actions pour seulement 5 250 nairas (3,50 €) l'unité. L'objectif est d'attirer jusqu'à 10 millions d'actionnaires, principalement des particuliers aux revenus moyens ou modestes, à travers le continent. L'IPO a été lancée le 14 septembre 2026 et prolongée jusqu'au 27 octobre pour permettre une participation plus large.

Défis réglementaires

Malgré l'ambition de cette IPO, des obstacles réglementaires ont compliqué son déploiement dans plusieurs pays africains. Au Nigeria, le processus a été relativement simple, mais au Kenya, les autorités n'ont approuvé un système complexe d'échange de titres que le 5 octobre 2026, retardant ainsi la participation des investisseurs. En Ouganda, seuls les investisseurs professionnels et les personnes disposant de moyens financiers importants ont pu participer, excluant le grand public. Ces différences de réglementation ont nécessité des négociations longues entre acteurs boursiers et financiers, réduisant le temps disponible pour les investisseurs potentiels.

Enjeux économiques et sociaux

L'IPO de la raffinerie kényane pourrait générer jusqu'à 2,1 milliards de dollars, ce qui en ferait déjà un succès financier. Au-delà des retombées économiques, ce projet représente un test pour les marchés financiers africains, selon l'agence L'Agence Ecofin. Il pourrait aussi servir de modèle pour d'autres initiatives industrielles sur le continent. Aliko Dangote a affirmé que les investisseurs du Kenya et du Botswana pourraient, à eux seuls, absorber la totalité des actions proposées. La première cotation en Bourse est prévue pour le 8 décembre 2026, date à laquelle l'ampleur réelle de l'opération pourra être évaluée.

Ce que ça pourrait changer

Aliko Dangote voit dans ce projet une opportunité de transformer l'économie africaine en réduisant la dépendance aux importations de carburant et en créant des emplois locaux. Son objectif est de contribuer à l'industrialisation du continent, tout en répondant aux besoins d'une population jeune et en forte croissance. Cependant, les défis restent nombreux, notamment en termes de régulation, de financement et d'acceptation sociale. Si ce projet réussit, il pourrait inspirer d'autres entrepreneurs africains à investir dans des infrastructures majeures, renforçant ainsi l'autonomie économique du continent.

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