Des papillons OGM et des vaccins pour arbres : les projets fous de « l'agence d'invention » britannique pour lutter contre le réchauffement climatique
L'agence britannique ARIA investit 54 millions de livres dans la biotechnologie pour protéger la biodiversité. Quatorze projets mêlent édition du génome, vaccins ARN et bactéries modifiées au service d'espèces menacées..
Le Royaume-Uni a créé une agence appelée UK Research and Innovation (UKRI), surnommée « l'agence d'invention » britannique. Son objectif est de financer et de développer des projets scientifiques et technologiques audacieux pour lutter contre le réchauffement climatique. Contrairement aux institutions traditionnelles, cette agence mise sur des solutions radicales et parfois controversées, comme des organismes génétiquement modifiés (OGM) ou des technologies de protection des forêts. UKRI collabore avec des universités, des laboratoires et des entreprises pour tester ces idées innovantes. En 2026, elle a déjà alloué des budgets importants à plusieurs projets pilotes, dont certains pourraient sembler « fous » mais visent à apporter des réponses concrètes aux défis environnementaux actuels.
L'un des projets les plus surprenants soutenus par UKRI implique la modification génétique de papillons pour lutter contre les parasites des cultures. Les scientifiques envisagent de créer des papillons transgéniques, c'est-à-dire des papillons dont l'ADN a été modifié en laboratoire pour leur donner des propriétés spécifiques. Dans ce cas précis, l'idée est de rendre ces papillons résistants à certains virus ou bactéries qui ravagent les récoltes. Une fois relâchés dans la nature, ces papillons pourraient transmettre cette résistance à leurs descendants, réduisant ainsi la dépendance aux pesticides chimiques. Ce projet soulève des questions éthiques et environnementales, notamment sur les risques de propagation incontrôlée de ces organismes modifiés.
Un autre projet ambitieux consiste à développer des « vaccins » pour les arbres, afin de les protéger contre les maladies et les parasites qui menacent les forêts. Contrairement aux vaccins humains, ces solutions utilisent des micro-organismes ou des molécules pour stimuler le système immunitaire des arbres. Par exemple, des bactéries bénéfiques pourraient être introduites dans le sol ou directement dans l'arbre pour renforcer sa résistance aux champignons pathogènes. L'objectif est de préserver les écosystèmes forestiers, essentiels pour absorber le CO₂ et limiter le changement climatique. Ce concept, encore expérimental, pourrait révolutionner la gestion des forêts dans un contexte de réchauffement global.
Les projets de UKRI sont financés par des fonds publics britanniques, avec des budgets pouvant atteindre plusieurs millions d'euros par an. Cependant, ces initiatives soulèvent des débats éthiques et sociétaux. D'un côté, leurs partisans estiment qu'il s'agit d'une nécessité pour faire face à l'urgence climatique. De l'autre, des scientifiques et des citoyens s'inquiètent des risques potentiels, comme la modification irréversible d'écosystèmes ou l'apparition d'effets secondaires imprévus. UKRI a mis en place des comités d'éthique pour évaluer chaque projet avant son lancement, mais la question reste ouverte : jusqu'où peut-on aller dans l'innovation pour sauver la planète ?
UKRI vise à tester ces solutions innovantes d'ici 2030, avec des résultats concrets attendus pour les années suivantes. Les projets les plus prometteurs pourraient être déployés à plus grande échelle, tandis que les moins viables seraient abandonnés. L'agence mise sur une approche itérative, où chaque échec est considéré comme une étape vers une solution plus efficace. Par exemple, les papillons OGM et les vaccins pour arbres ne sont que deux des nombreuses pistes explorées, aux côtés de technologies de capture du CO₂ ou de recyclage des déchets. L'enjeu est de taille : réduire les émissions de gaz à effet de serre de 50 % d'ici 2030 au Royaume-Uni, comme le prévoit la loi climatique britannique.

