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Géopolitique

En Italie, la mobilisation de la “génération sans logement” s’empare des universités

Courrier International · mis à jour il y a 2 j

Partout dans le pays, des étudiants ont décidé de camper devant les universités pour protester contre la forte hausse du coût des études et des locations étudiantes. Un “mouvement des tentes” déjà observé en 2023 mais qui renaît à la faveur des mobilisations actuelles en France et en Espagne..

Mouvement étudiant actuel

En octobre 2026, des étudiants italiens ont lancé un mouvement de protestation massif en installant des tentes devant plusieurs universités du pays. Ce mouvement, surnommé le « mouvement des tentes », avait déjà émergé en 2023 à l’université La Sapienza de Rome avant de reprendre de l’ampleur en 2026. Les étudiants protestent contre la hausse des coûts liés aux études supérieures et à la vie quotidienne, notamment les loyers et les frais de scolarité. Cette mobilisation s’inscrit dans un contexte plus large de mouvements sociaux en Europe, comme ceux observés en France et en Espagne, où la jeunesse dénonce également les difficultés économiques. Les protestataires se sont organisés sous l’impulsion de syndicats étudiants et d’organisations de jeunesse affiliées au Parti démocrate, un parti politique italien de centre gauche.

Revendications principales

Les étudiants italiens réclament plusieurs mesures pour améliorer leurs conditions de vie et d’études. Leurs revendications incluent une augmentation significative des bourses universitaires, actuellement insuffisantes pour couvrir les dépenses des étudiants. Ils demandent également l’abolition progressive des frais de scolarité, jugés trop élevés et responsables, selon eux, de l’émigration des jeunes vers d’autres pays européens où les études sont moins chères. D’autres revendications portent sur la gratuité des transports pour les étudiants, afin de faciliter leurs déplacements, ainsi que le plafonnement des prix des repas dans les restaurants universitaires. Enfin, ils exigent un plan national pour le logement, afin de rendre les logements étudiants plus accessibles et abordables. Ces mesures visent à éviter que les jeunes diplômés ne quittent l’Italie en raison des difficultés économiques.

Contexte économique italien

L’Italie fait face à une crise du logement étudiant particulièrement marquée. Les loyers dans les grandes villes universitaires, comme Rome, Milan ou Bologne, ont fortement augmenté ces dernières années, rendant difficile l’accès à un logement décent pour les étudiants. Parallèlement, les frais de scolarité dans les universités publiques ont également progressé, ce qui aggrave la situation financière des jeunes. Cette crise s’inscrit dans un contexte plus large de précarité économique pour la jeunesse italienne, souvent qualifiée de « génération sans logement » (generazione senza casa). Les étudiants dénoncent un système qui ne leur permet pas de se loger correctement ni de poursuivre leurs études sans s’endetter. Cette situation contribue à l’exode des jeunes talents vers d’autres pays européens, où les conditions de vie et d’études sont perçues comme plus favorables.

Acteurs et soutien

Le mouvement est porté par des syndicats étudiants et des organisations de jeunesse liées au Parti démocrate (Partito Democratico), un parti politique italien de centre gauche. Ces acteurs jouent un rôle clé dans l’organisation des protestations et la diffusion des revendications. Les étudiants bénéficient également d’un soutien symbolique et médiatique, notamment grâce à la couverture de la presse italienne, comme le quotidien napolitain Il Mattino ou le site Roma Today, qui relaient leurs actions. Ces médias soulignent l’ampleur du mouvement et son ancrage dans une dynamique européenne plus large, où la jeunesse se mobilise contre les inégalités économiques et sociales. Les protestations ont pris une dimension nationale, avec des campements installés dans plusieurs villes, dont Rome, Milan, Bologne, Gênes, Lecce et Pavie.

Ce que ça pourrait changer

Ce mouvement étudiant en Italie s’inscrit dans une tendance plus large en Europe, où la jeunesse se mobilise contre les difficultés économiques et sociales. Les revendications des étudiants italiens reflètent des problèmes structurels, comme la hausse des coûts de la vie, l’accès limité au logement et l’insuffisance des aides financières. Si les protestations actuelles visent à obtenir des réponses immédiates, comme des augmentations de bourses ou des mesures de plafonnement des loyers, elles soulèvent également des questions plus profondes sur le modèle économique italien et son incapacité à retenir ses jeunes talents. Les autorités italiennes sont désormais sous pression pour trouver des solutions durables, sous peine de voir la fuite des cerveaux s’aggraver dans les années à venir.

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