Vêtements d'occasion : acheter sur internet émet jusqu'à 5 fois plus de CO2 qu'en boutique
L' ONG Oxfam a comparé l'impact environnemental des différentes filières de seconde main qui prennent leur essor en France. Le réemploi du textile est un enjeu crucial pour lutter contre le réchauffement climatique.
L’article compare l’empreinte carbone de l’achat de vêtements d’occasion en ligne et en boutique physique. Selon une étude citée, acheter un vêtement d’occasion sur internet émet jusqu’à cinq fois plus de CO₂ que de l’acheter en magasin. Cette différence s’explique principalement par les étapes logistiques supplémentaires nécessaires pour livrer un colis à domicile. Par exemple, un colis individuel implique un trajet en camion, souvent peu rempli, ce qui augmente la consommation de carburant par rapport à un déplacement en voiture ou en transports en commun pour se rendre en boutique. L’étude souligne que les émissions de CO₂ liées à la livraison peuvent représenter jusqu’à 80 % de l’empreinte carbone totale d’un achat en ligne, contre seulement 20 % pour un achat en magasin.
Un autre facteur clé expliquant l’écart d’émissions entre les deux modes d’achat est la gestion des retours. Sur internet, les clients renvoient souvent des vêtements qui ne leur conviennent pas, ce qui génère des allers-retours supplémentaires en camion. Ces trajets, parfois vides, alourdissent considérablement l’empreinte carbone. L’article indique que jusqu’à 30 % des vêtements achetés en ligne sont retournés, contre moins de 5 % en boutique. Les plateformes de vente en ligne comme Vinted ou Leboncoin sont particulièrement touchées par ce phénomène, car elles facilitent les achats impulsifs et les retours gratuits. Ces retours multiplient les émissions de CO₂ par deux ou trois par rapport à un achat sans retour.
L’empreinte carbone de l’achat en ligne est aussi alourdie par l’utilisation d’emballages, souvent en plastique ou en carton, nécessaires pour protéger les vêtements pendant le transport. Ces emballages, une fois utilisés, sont généralement jetés, ce qui génère des déchets supplémentaires. L’étude précise que chaque colis en ligne nécessite en moyenne 0,5 kg d’emballage, contre aucun pour un achat en boutique. De plus, les plateformes en ligne utilisent parfois des emballages surdimensionnés pour des petits articles, ce qui augmente encore leur impact environnemental. Par exemple, un t-shirt envoyé dans un colis de 30 cm × 20 cm × 10 cm émet plus de CO₂ que s’il était transporté dans un sac en tissu ou en papier recyclé.
L’article mentionne plusieurs acteurs clés dans ce domaine. Les plateformes de vente en ligne comme Vinted, Leboncoin ou eBay sont pointées du doigt pour leur modèle économique basé sur la livraison à domicile et les retours gratuits. À l’inverse, les boutiques physiques, qu’elles soient indépendantes ou des chaînes comme Emmaüs ou Récup’R, sont présentées comme une alternative plus écologique. Ces dernières années, la vente de vêtements d’occasion a connu un essor important en France, avec une croissance de 20 % par an depuis 2015. Cependant, cette expansion s’accompagne d’une augmentation des émissions de CO₂, notamment en raison de l’essor du e-commerce.
Pour réduire l’impact carbone de l’achat de vêtements d’occasion, l’article propose plusieurs solutions. La première consiste à privilégier les achats en boutique physique, surtout si le trajet se fait à pied, à vélo ou en transports en commun. Une autre solution est de regrouper ses achats en ligne pour limiter le nombre de colis et optimiser les trajets de livraison. Certaines plateformes comme **Vinted** commencent à proposer des options de livraison groupée ou des points de retrait en magasin pour réduire les émissions. Enfin, l’article souligne l’importance de limiter les retours en vérifiant attentivement les descriptions et les tailles des vêtements avant d’acheter. Ces pratiques permettent de réduire jusqu’à 50 % l’empreinte carbone d’un achat en ligne.

