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À 3 000 km sous terre, une « bosse » de 20 mètres suffit à dérégler légèrement la durée des journées

Numerama · mis à jour 6 oct.

Dans les profondeurs de notre planète, les échanges entre le manteau et le noyau terrestre font varier la vitesse de rotation de la Terre, et donc la durée des journées, qui ne font pas toujours exactement 24 heures. Une étude publiée dans Nature le 23 septembre attribue l'essentiel de ces variations, sur plusieurs décennies, à l'attraction gravitationnelle du noyau interne..

Découverte géologique

Des scientifiques ont identifié une anomalie située à environ 3 000 kilomètres sous la surface terrestre, dans une zone appelée manteau inférieur. Cette structure, décrite comme une « bosse » ou une irrégularité de 20 mètres de hauteur, se trouve près de la frontière entre le noyau terrestre et le manteau. Pour mieux comprendre, le noyau terrestre est une boule de métal en fusion au centre de la Terre, tandis que le manteau est une couche rocheuse solide mais déformable qui l’entoure. Cette bosse est si profonde qu’elle n’a pas été observée directement, mais détectée grâce à des analyses sismiques, une méthode qui étudie la propagation des ondes générées par les tremblements de terre. Les chercheurs estiment que cette irrégularité pourrait perturber légèrement la rotation de la Terre, un phénomène qui influence la durée des journées.

Impact sur la rotation

La rotation de la Terre n’est pas parfaitement régulière : elle peut être ralentie ou accélérée par des variations de masse à sa surface ou en profondeur. Dans ce cas, la bosse de 20 mètres agit comme une petite irrégularité dans la distribution des masses à l’intérieur de la planète. Bien que cette perturbation soit minime, elle suffit à modifier légèrement la vitesse de rotation terrestre. Pour illustrer, une journée compte 86 400 secondes, et cette bosse pourrait en altérer la durée de quelques fractions de seconde sur plusieurs années. Ce phénomène rejoint d’autres causes naturelles comme les marées ou les mouvements des courants océaniques, qui influencent aussi la durée des jours. Les scientifiques précisent que ces variations sont normales et sans danger pour la vie sur Terre.

Méthodes de détection

La découverte de cette bosse repose sur l’analyse des ondes sismiques, des vibrations qui traversent la Terre lors de séismes ou d’explosions contrôlées. En mesurant le temps que mettent ces ondes à parcourir différentes zones du manteau et du noyau, les chercheurs peuvent cartographier les structures internes de la planète, comme un scanner médical le ferait pour le corps humain. Cette technique, appelée tomographie sismique, permet de repérer des anomalies comme cette bosse. Les données proviennent de réseaux de sismomètres répartis à travers le monde, qui enregistrent en continu les mouvements du sol. Grâce à des algorithmes avancés, les scientifiques comparent les temps d’arrivée des ondes pour identifier les zones anormales.

Conséquences pratiques

Bien que la modification de la durée des journées soit imperceptible pour les humains, elle a des implications pour les systèmes de mesure du temps et les technologies de précision. Par exemple, les horloges atomiques, qui définissent le Temps Universel Coordonné (UTC), doivent parfois être ajustées pour compenser ces variations. Ces ajustements, appelés secondes intercalaires, sont ajoutés ou retranchés environ une fois tous les 18 mois pour synchroniser les horloges avec la rotation réelle de la Terre. La bosse de 20 mètres pourrait donc, à long terme, influencer ces corrections. Cependant, les scientifiques soulignent que son impact reste très faible comparé à d’autres facteurs comme les marées ou les variations climatiques.

Ce que ça pourrait changer

Cette découverte ouvre de nouvelles pistes pour comprendre la dynamique interne de la Terre. Les chercheurs prévoient d’affiner leurs modèles pour mieux cerner l’origine de cette bosse et son évolution. Ils pourraient aussi étudier d’autres anomalies similaires dans le manteau ou près du noyau, afin de dresser une carte plus précise des structures profondes. Ces travaux pourraient aider à expliquer des phénomènes comme le *champ magnétique terrestre*, généré par les mouvements du noyau liquide. À plus long terme, ces recherches pourraient même contribuer à améliorer les modèles de prévision des séismes ou des éruptions volcaniques, en révélant des liens entre les couches internes de la Terre et sa surface.

Sujets complémentaires

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