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Peu d’arbres centenaires le long du tracé du tramway, selon une experte

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 14 j

La Ville de Québec procédera à l'abattage de 1500 arbres pour permettre le passage du tramway..

Peu d'arbres vraiment centenaires

Selon Alison Munson, professeure retraitée en foresterie à l'Université Laval, seulement quelques dizaines d'arbres parmi les 1 500 prévus pour l'abattage le long du tracé du tramway à Québec auraient réellement 100 ans ou plus. La majorité des arbres abattus, comme les ormes d'Amérique et les érables argentés, donnent une impression de grande ancienneté en raison de leur croissance rapide, mais leur âge réel est souvent bien inférieur. Pour évaluer l'âge d'un arbre, les experts mesurent généralement sa circonférence, car plus le tronc est large, plus l'arbre est vieux. Cependant, cette méthode reste approximative, surtout en milieu urbain où les conditions de croissance sont particulières.

Localisation des rares centenaires

Alison Munson estime que les rares arbres centenaires de Québec se trouvent principalement près de la Grande Allée et sur les plaines d'Abraham, et non sur le tracé du tramway. Ces zones, moins exposées aux perturbations urbaines, offrent des conditions plus favorables à la longévité des arbres. Ailleurs dans la ville, le nombre d'arbres centenaires est encore plus faible, en partie à cause des maladies, des insectes ravageurs et de la densification urbaine. Par exemple, la maladie hollandaise de l'orme et l'agrile du frêne ont décimé de nombreux vieux arbres en santé ces dernières décennies.

Données manquantes sur l'âge

La Ville de Québec ne dispose pas de données précises sur l'âge de ses 104 000 arbres municipaux. Les photos aériennes disponibles datent de 1948, ce qui est insuffisant pour identifier les arbres centenaires. Pour obtenir une estimation exacte, il faudrait prélever une carotte dans le tronc de chaque arbre et compter ses anneaux de croissance, une méthode destructive et donc rarement utilisée. François Moisan, porte-parole de la Ville, souligne que cette approche n'est pas pratiquée en raison de son impact sur les arbres. Ainsi, les estimations d'âge reposent principalement sur des observations indirectes, comme la taille et l'espèce.

Compensation par plantation

Depuis le début de l'année, plus de 500 arbres ont déjà été abattus pour le projet de tramway. En compensation, la Ville s'est engagée à planter 30 000 arbres dans les quartiers touchés par les travaux. Cependant, cette mesure soulève des questions quant à son efficacité à long terme. Jean Lamontagne, consultant en arboriculture, souligne que l'objectif de planter 20 arbres pour remplacer chaque arbre coupé ne permettra pas de retrouver les mêmes bienfaits écologiques avant environ 30 ans. Les arbres jeunes mettent en effet plusieurs décennies à offrir des services écosystémiques comparables à ceux des arbres matures, comme l'ombrage, la filtration de l'air ou l'habitat pour la faune.

Manque de transparence

Jean Lamontagne, expert en arboriculture avec plus de 40 ans d'expérience, critique le manque de transparence de la Ville de Québec concernant le nombre et le choix des arbres qui seront abattus ou élagués pour le tramway. À ce jour, la Ville n'a pas officiellement publié la liste des arbres concernés, malgré l'avancement des travaux. Cette opacité alimente les inquiétudes des citoyens et des élus, comme ceux du parti Respect citoyens, qui dénoncent la destruction d'arbres perçus comme patrimoniaux. La Ville justifie cette absence d'information par la complexité de la planification des travaux et des compensations environnementales.

Ce que ça pourrait changer

Alison Munson, bien qu'elle reconnaisse la perte esthétique et écologique liée à l'abattage des arbres le long du boulevard René-Lévesque, se dit favorable au projet de tramway. Pour elle, les gains environnementaux à long terme du projet, comme la réduction des émissions de gaz à effet de serre grâce à la promotion des transports en commun, justifient les sacrifices immédiats. Elle admet que les citoyens puissent être inquiets de voir disparaître des arbres emblématiques, mais souligne que ces pertes ne sont pas définitives. Les arbres replantés contribueront à restaurer le paysage urbain, même si leur impact ne sera pleinement visible que dans plusieurs décennies.

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