Comment la guerre a créé une nouvelle classe moyenne russe
Dans les régions déshéritées de Russie, frappées de plein fouet par la désindustrialisation post-URSS, l’invasion de l’Ukraine a été un effet d’aubaine. Les ouvriers de l’armement ont vu leurs salaires exploser.
L’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022 a transformé l’économie russe, notamment dans les régions désindustrialisées depuis la chute de l’URSS. Les ouvriers de l’armement et les soldats engagés en Ukraine ont vu leurs revenus augmenter de manière spectaculaire. Par exemple, un poste sur VKontakte (le réseau social russe VK) propose un salaire de 8 millions de roubles, soit environ 85 000 euros, pour une année de service militaire. Ce montant représente plus de dix fois le salaire annuel moyen dans la région de Volgograd en 2024, estimé à 7 500 euros. Ces hausses de revenus ont permis à une partie de la population de s’enrichir rapidement, créant ainsi une nouvelle classe moyenne en Russie. Les annonces de recrutement, parfois très permissives (acceptant même des personnes avec des maladies chroniques ou des condamnations pénales), reflètent une stratégie de mobilisation massive pour soutenir l’effort de guerre.
Cette nouvelle classe moyenne russe est composée de deux groupes principaux : les ouvriers de l’industrie de l’armement et les soldats engagés dans le conflit ukrainien. Les premiers bénéficient de salaires élevés et de primes liées à la production militaire accrue, tandis que les seconds profitent de soldes militaires exceptionnelles. Par exemple, les soldats peuvent gagner jusqu’à 85 000 euros par an, un montant bien supérieur aux revenus moyens des régions russes les plus pauvres. Cette amélioration des conditions de vie a renforcé le soutien de ces populations au conflit, car elles perçoivent la guerre comme une source de stabilité économique. Selon The Sunday Telegraph en septembre 2025, cette dynamique économique explique en partie pourquoi une partie de la population russe soutient activement la guerre, malgré les sanctions internationales et les difficultés économiques globales.
La ville de Volgograd, anciennement Stalingrad, est un symbole historique de la résistance soviétique pendant la Seconde Guerre mondiale, où la bataille de Stalingrad (1942-1943) a fait près d’un demi-million de morts côté soviétique. En 2022, Volgograd est devenue un terrain de recrutement pour l’armée russe, avec des annonces publiées sur VKontakte ciblant les hommes de 18 à 63 ans, sans restriction majeure. Cette région, marquée par la désindustrialisation post-URSS, illustre comment la guerre a permis à des populations autrefois marginalisées de retrouver une certaine prospérité. Les soldats et leurs familles, autrefois en situation de précarité, voient désormais leurs revenus augmenter de manière significative, ce qui renforce leur attachement au régime et à la guerre.
Avant la guerre, les régions russes comme Volgograd souffraient de désindustrialisation et de pauvreté, avec un salaire annuel moyen de 7 500 euros en 2024. La guerre a inversé cette tendance en créant des emplois bien rémunérés dans l’industrie de l’armement et en offrant des soldes attractives aux soldats. Par exemple, les ouvriers de l’armement et les militaires peuvent désormais gagner jusqu’à 85 000 euros par an, soit plus de dix fois le salaire moyen régional. Cette hausse des revenus a permis à une partie de la population de s’offrir des biens de consommation, de se loger dans de meilleures conditions ou d’épargner, ce qui contribue à la formation d’une classe moyenne. Cependant, cette prospérité reste inégalement répartie et dépend directement de la poursuite du conflit.
L’amélioration des conditions de vie pour une partie de la population russe a renforcé son soutien à la guerre en Ukraine. Les soldats et leurs familles, désormais bénéficiaires de revenus élevés, perçoivent le conflit comme une source de stabilité économique et sociale. Selon *The Sunday Telegraph* en septembre 2025, cette nouvelle classe moyenne, bien que réduite en nombre, est devenue un pilier du soutien populaire à Vladimir Poutine et à sa politique de guerre. Les annonces de recrutement, parfois très permissives, reflètent une stratégie de mobilisation massive pour maintenir l’effort de guerre. Cependant, cette dynamique économique pourrait s’inverser si le conflit venait à s’arrêter, mettant en péril les revenus de cette nouvelle classe moyenne.

