Vit-on mieux loin de chez soi ?
Une Allemande installée au Pays-Bas et une Franco-Néo-Zélandaise installée en Italie expliquent les avantages de leurs nouvelles vies sur le plan personnel et professionnel, mais sans rien cacher de leurs difficultés..
L'article présente deux témoignages de femmes ayant choisi de s'expatrier en Europe pour améliorer leur qualité de vie. Heidrun Kollenda, une Allemande, a quitté son pays il y a quatorze ans pour s'installer à Utrecht, aux Pays-Bas, avec son mari néerlandais. Christelle Savry, une Franco-Néo-Zélandaise, a quant à elle quitté la Nouvelle-Zélande pour s'installer à Florence, en Italie, après que son entreprise américaine y a transféré ses activités. Ces deux femmes illustrent des parcours d'expatriation motivés par des raisons professionnelles et personnelles, mais aussi par la recherche d'un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie familiale.
Heidrun Kollenda explique que la vie aux Pays-Bas est plus adaptée à sa situation familiale qu'en Allemagne. Elle souligne notamment que le temps de travail à temps plein y est réduit à 32 heures par semaine, contre une norme plus élevée en Allemagne. De plus, les structures de garde d'enfants y sont très développées : les crèches sont ouvertes onze heures par jour et leur accès est facilité. Kollenda ajoute que ses amis restés en Allemagne peinent souvent à concilier vie professionnelle à temps plein et parentalité, en partie à cause d'un manque de réseau social adapté et d'une culture moins favorable à cette combinaison. Ces éléments montrent comment les politiques sociales néerlandaises peuvent favoriser un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie familiale.
Christelle Savry décrit son expatriation à Florence comme une amélioration significative de sa qualité de vie. Elle apprécie notamment la proximité avec le reste de l'Europe, qui lui permet de voyager facilement, ainsi qu'une vie culturelle riche et une gastronomie locale accessible. Sur le plan professionnel, elle souligne la disparition des réunions en soirée ou nocturnes, fréquentes dans son ancien emploi en Nouvelle-Zélande, et la générosité des congés annuels, estimés entre 30 et 35 jours par an selon les postes. Ces avantages contribuent à un meilleur équilibre entre vie professionnelle et personnelle, tout en offrant des opportunités de découverte et de loisirs.
Malgré les avantages, les deux expatriées rencontrent des défis. Heidrun Kollenda regrette l'absence d'une vie associative aussi développée qu'en Allemagne aux Pays-Bas, ainsi qu'un individualisme et un manque de spontanéité plus marqués dans la société néerlandaise. Christelle Savry évoque des coûts de la vie élevés, notamment pour l'électricité, les loyers et les dépenses administratives, qu'elle qualifie de « véritable cauchemar ». Elle souligne également les difficultés liées à la circulation et à la complexité des démarches administratives en Italie, qui contrastent avec la simplicité de la vie en Nouvelle-Zélande. Ces obstacles rappellent que l'expatriation, même enrichissante, s'accompagne souvent de défis pratiques et culturels.
Un point commun aux deux témoignages est l'importance de maintenir des liens avec leurs proches malgré la distance. Kollenda et Savry insistent sur la possibilité de voyager régulièrement pour voir leur famille et leurs amis, ce qui atténue le sentiment d'éloignement. Kollenda mentionne que ses amis allemands lui envient parfois sa situation, mais que l'expatriation ne résout pas tous les problèmes, notamment en matière de vie sociale. Savry, quant à elle, souligne que la vie en Italie lui permet de profiter d'une communauté expatriée et de découvrir une nouvelle culture, tout en gardant un contact régulier avec ses racines. Ces éléments montrent que la réussite de l'expatriation dépend aussi de la capacité à recréer un réseau social dans son nouveau pays.

