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Attentat de la rue Copernic en 1980 : appels à l’extradition d’Hassan Diab vers la France

ICI Radio-Canada · mis à jour 3 oct.

Quarante-six ans après un attentat antisémite à Paris, l'universitaire Hassan Diab est toujours au Canada..

Attentat de 1980

Le 3 octobre 1980, une bombe explose devant une synagogue située rue Copernic à Paris, près des Champs-Élysées. Cet attentat, jamais revendiqué, cause la mort de quatre personnes et blesse plusieurs dizaines d’autres. La bombe était placée sur une moto stationnée à proximité du lieu de culte. Cet événement est considéré comme un acte antisémite, ciblant spécifiquement une communauté juive. Quarante-six ans après les faits, l’affaire reste un symbole des violences terroristes en France et des enjeux de justice internationale.

Condamnation en France

En 2023, un tribunal français a condamné à perpétuité Hassan Diab, un universitaire libano-canadien de 70 ans, pour son implication présumée dans l’attentat de 1980. La cour d’assises spéciale de Paris a rendu ce verdict en son absence, après trois semaines de procès et près de huit heures de délibéré. La peine maximale a été prononcée, et un mandat d’arrêt international a été émis contre lui. Diab nie les accusations portées contre lui et refuse de se rendre en France pour faire face à son procès. Il vit actuellement au Canada, où il n’a pas été arrêté.

Demande d'extradition

Depuis le verdict de 2023, des parties civiles et des organisations représentant la communauté juive canadienne demandent l’extradition de Hassan Diab vers la France. Un avocat parisien de 19 victimes et le Centre consultatif des relations juives et israéliennes du Canada (CIJA) ont appelé séparément le gouvernement canadien à agir. Le Canada, contrairement à la France, peut extrader ses ressortissants dans certains cas. Les proches des victimes et les survivants attendent que justice soit rendue après 46 ans d’attente. Le gouvernement français a également sollicité cette extradition auprès des autorités canadiennes.

Rôle des acteurs

Hassan Diab est un universitaire libano-canadien, aujourd’hui âgé de 70 ans, qui vit librement au Canada malgré sa condamnation en France. L’avocat parisien Antoine Casubolo Ferro représente 19 parties civiles, c’est-à-dire des victimes ou leurs familles, dans cette affaire. Le CIJA, une organisation canadienne, milite pour que Diab soit jugé en France. Le gouvernement français, représenté par le garde des Sceaux Gérald Darmanin et le président Emmanuel Macron, attend une réponse du Canada concernant l’extradition. Le Canada doit trancher sur la base de ses lois et de ses relations internationales.

Enjeux juridiques

L’extradition est un processus juridique par lequel un État (ici le Canada) accepte de livrer une personne recherchée par un autre État (la France) pour y être jugée ou purger une peine. Le Canada peut extrader ses ressortissants, contrairement à la France, qui ne le fait pas. La décision finale revient aux autorités canadiennes, qui doivent évaluer si l’extradition est conforme à la loi et aux droits de la personne. Cette affaire soulève des questions sur la coopération judiciaire internationale et la lutte contre le terrorisme après plusieurs décennies.

Ce que ça pourrait changer

Les familles des victimes et les survivants de l’attentat attendent avec impatience l’extradition de Hassan Diab, qu’ils considèrent comme un symbole de justice non rendue. Richard Marceau, vice-président du CIJA, a déclaré que l’extradition était nécessaire et que la transparence du gouvernement canadien était attendue. L’accusation française a estimé que la perpétuité était la seule peine envisageable pour Diab, tandis que la défense a plaidé pour son acquittement, craignant une erreur judiciaire. Malgré le verdict, Diab n’a pas été arrêté au Canada, ce qui suscite des critiques.

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