Fréchette s’est «disqualifiée» dans le dossier de l’ingérence
Sous pression, la cheffe caquiste promet de «faire la lumière». Elle s’est «disqualifiée», disent ses opposants..
Christine Fréchette, première ministre du Québec et chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), est accusée d’avoir tardé à réagir face à une possible ingérence étrangère dans la campagne électorale québécoise. Selon les révélations de Radio-Canada publiées le 27 septembre 2026, l’équipe de la CAQ aurait été informée dès le 12 septembre 2026 d’une tentative américaine d’influencer le vote en faveur du Parti québécois (PQ), mais Fréchette n’en aurait été avertie que le 19 septembre, soit une semaine plus tard. Le 22 septembre, la directrice générale du parti a contacté le Service canadien de renseignement et de sécurité (SCRS), qui lui aurait indiqué que les informations étaient déjà publiques. Pourtant, Fréchette a annoncé publiquement le 26 septembre, avec un ton grave, des « informations sérieuses sur de possibles risques d’ingérence étrangère » dans l’élection, alors que son équipe connaissait déjà ces éléments depuis plusieurs jours.
Les chefs des partis d’opposition, Charles Milliard (Parti libéral) et Paul St-Pierre Plamondon (PQ), ont vivement critiqué Christine Fréchette et son équipe pour avoir retenu des informations pendant dix jours avant de les rendre publiques. Selon eux, la CAQ aurait tenté de transformer une information déjà connue en un « pétard mouillé » ou une « mise en scène » pour influencer l’électorat. Paul St-Pierre Plamondon a résumé cette situation en déclarant que la CAQ avait d’abord tenté de faire passer discrètement l’information aux journalistes, puis l’avait transmise au SCRS avant de la rendre publique de manière théâtrale. Il a ajouté que cela « disqualifiait » Fréchette pour le poste de première ministre, car son rôle n’est pas de créer des peurs artificielles pour des raisons électorales.
Ruba Ghazal, co-porte-parole de Québec solidaire (QS), a qualifié les révélations de « extrêmement troublantes », accusant Fréchette de détourner des enjeux de sécurité nationale à des fins politiques. Éric Duhaime, chef du Parti conservateur, a également critiqué l’entourage de Fréchette, estimant qu’il s’agissait d’une « faute grave » et d’une tentative ratée de manipulation de l’opinion publique. Il a comparé cette situation à un « mauvais film » ou un sideshow (spectacle secondaire) sans impact réel sur le vote. Les critiques soulignent que cette affaire a surtout servi à semer la confusion plutôt qu’à clarifier une situation complexe.
Christine Fréchette a également suscité la surprise en désavouant une loi adoptée par son propre gouvernement en 2025, la Loi visant à renforcer la laïcité dans le réseau de l’éducation. Cette loi, entrée en vigueur presque un an plus tôt, interdit aux parents bénévoles portant des signes religieux de participer à des activités scolaires ou parascolaires. Fréchette a expliqué que l’objectif initial de la loi était de régir les personnes en position d’autorité par rapport aux enfants, et non les parents bénévoles. Cette prise de position a été critiquée, notamment après qu’une mère, Joanne Codère, s’est indignée que des femmes voilées soient exclues d’une activité scolaire à Montréal. Paul St-Pierre Plamondon, chef du PQ, a défendu la loi en affirmant que les parents bénévoles restent des figures d’autorité dans ce contexte.
Cette affaire survient dans un contexte de campagne électorale au Québec, où chaque parti tente de mobiliser son électorat. La révélation d’une possible ingérence étrangère a été utilisée par la CAQ pour alerter sur les risques pour la démocratie, mais les opposants y voient une stratégie électoraliste. Parallèlement, le désaveu de la loi sur la laïcité par Fréchette a mis en lumière les tensions autour de cette politique, notamment son application controversée. Les chefs des autres partis ont profité de ces événements pour critiquer la gestion de la CAQ, tandis que Fréchette a promis de faire la lumière sur ces dossiers, sans pour autant annoncer de sanctions contre son équipe.

