Le secteur touristique français s’interroge pour les semaines à venir
La France a reçu plus de 100 millions de visiteurs internationaux en 2025..
La France reste la première destination touristique mondiale en 2025, avec plus de 100 millions de visiteurs internationaux. Ce chiffre place le pays devant l'Espagne, confirmant son attractivité malgré les défis récents. Le secteur touristique repose sur des infrastructures variées (hôtels, monuments, transports) et des événements majeurs comme les concerts de Céline Dion, la visite du pape ou le Mondial de l'Auto, qui attirent des millions de visiteurs chaque année. Cependant, cette position de leader est aujourd'hui menacée par des événements imprévus, comme les manifestations violentes du 17 octobre 2026, qui pourraient altérer l'image de la France à l'étranger et dissuader les voyageurs de venir.
Les images de pillages et de dégradations lors des manifestations du 17 octobre 2026 ont marqué les esprits à l'international. Ces scènes, diffusées par les médias du monde entier, ont terni l'image de la France en tant que destination sûre. Les violences, survenues dans plusieurs grandes villes comme Paris, Lyon et Nice, ont particulièrement touché le secteur touristique. Christelle Chassagne, présidente d'ADN Tourisme (une fédération d'organismes institutionnels du tourisme), souligne que les touristes ne viennent pas en France pour rester enfermés dans leur hôtel par crainte des violences. Les réservations dans les hébergements touristiques, notamment à Paris, Lyon et Marseille, ont déjà commencé à chuter, avec des annulations de séjours.
Selon le cabinet MKG Consulting, spécialisé dans l'analyse du secteur hôtelier, les hôtels parisiens ont perdu leur avance en réservations pour les six prochaines semaines (du 20 octobre au 29 novembre) après les événements du 17 octobre. Par exemple, la part de chambres déjà réservées pour cette période est passée de 1,0 % à 0,2 % par rapport à 2025. Pour la semaine du 20 au 25 octobre, l'avance de Paris sur 2025 est passée de 3,5 % à 1,9 % en seulement 24 heures. Didier Arino, directeur général de Protourisme (une société de conseil), compare cette situation à celle de décembre 2018, lors du mouvement des gilets jaunes, qui avait entraîné une baisse de 1,2 % de la fréquentation hôtelière en France métropolitaine.
Les touristes originaires de pays lointains, comme la Chine, sont particulièrement sensibles aux risques sécuritaires. Ces visiteurs dépensent en moyenne plus que les touristes européens pendant leur séjour, ce qui rend leur absence encore plus dommageable pour l'économie française. Déjà, certains pays appellent leurs ressortissants à renforcer leurs mesures de sécurité avant de voyager en France. Didier Arino explique que l'impact d'une journée d'émeutes peut entraîner des annulations représentant 1 % du nombre total de nuitées mensuelles dans les jours qui suivent, et autant dans les semaines suivantes. Avec plus de 42 millions de nuitées hôtelières attendues à Paris en 2026, cette perte reste limitée à court terme, mais pourrait s'aggraver si les violences persistent.
Malgré les défis actuels, le secteur touristique français montre une certaine résilience. Vanguélis Panayotis, du cabinet **MKG Consulting**, souligne que Paris a su rebondir après des événements traumatisants comme l'attentat du *Bataclan* en 2015 ou les *gilets jaunes* en 2018. Laurent Abitbol, président du directoire des agences de voyages **Selectour**, estime que si les violences durent seulement 15 jours, l'impact restera limité. En revanche, une prolongation de plusieurs mois pourrait avoir des conséquences catastrophiques. Les spécialistes insistent sur le fait que tout dépendra de l'évolution des événements dans les semaines à venir et de la capacité des autorités à rétablir un climat de sécurité.

