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Perturbations à venir ? Avec la fermeture du détroit d'Ormuz, l'Europe n'a plus qu'un mois de réserve de kérosène pour ses avions

Science & Vie · mis à jour il y a 14 j

Les avions ne décollent qu'avec un liquide raffiné bien précis, stocké en flux tendu dans les cuves des aéroports. Mais la crise au Moyen-Orient a brutalement fermé une artère d'approvisionnement et vidé ces stocks plus vite qu'ils ne se remplissent.

Fermeture détroit d'Ormuz

Le détroit d'Ormuz, une voie maritime stratégique située entre l'Iran et Oman, pourrait être fermé dans les prochains mois, selon des sources citées par Science et Vie. Ce détroit est un point de passage obligatoire pour le transport maritime de pétrole brut et de produits pétroliers, notamment depuis les pays du Golfe comme l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis ou l'Iran. Environ 20 à 30 % du pétrole mondial transite par cette route, ce qui en fait l'une des artères économiques les plus importantes au monde. Une fermeture, même temporaire, aurait des répercussions majeures sur l'approvisionnement énergétique mondial et les prix des carburants, notamment du kérosène, un carburant spécifique utilisé par les avions.

Dépendance européenne

L'Europe dépend à près de 70 % des importations pour son approvisionnement en kérosène, un carburant aviation raffiné à partir du pétrole. Selon l'article, les réserves stratégiques de kérosène en Europe s'élèvent actuellement à environ un mois de consommation. Cette situation s'explique par le fait que l'Europe importe une grande partie de son kérosène depuis des raffineries situées dans des pays du Moyen-Orient, dont certains dépendent du passage par le détroit d'Ormuz. Une fermeture de ce détroit réduirait drastiquement les capacités d'importation, mettant en péril la continuité des vols commerciaux sur le continent. Les compagnies aériennes pourraient alors être contraintes de réduire leurs activités ou de trouver des alternatives coûteuses.

Impact sur l'aviation

La fermeture du détroit d'Ormuz entraînerait une pénurie de kérosène en Europe, avec des conséquences directes sur le secteur aérien. Les avions ont besoin de ce carburant pour fonctionner, et une rupture d'approvisionnement pourrait paralyser une partie du trafic aérien. Les compagnies aériennes, déjà fragilisées par les crises précédentes (comme la pandémie de COVID-19), devraient faire face à des coûts supplémentaires pour sécuriser des approvisionnements alternatifs, souvent plus chers ou moins accessibles. Cette situation pourrait également entraîner des annulations de vols, des retards et une hausse des prix des billets pour les passagers. Les aéroports européens, comme ceux de Paris, Londres ou Francfort, seraient particulièrement touchés.

Origine géopolitique

La fermeture du détroit d'Ormuz est un scénario géopolitique qui pourrait survenir en cas d'escalade des tensions entre l'Iran et les pays occidentaux ou ses voisins du Golfe. L'Iran a déjà menacé à plusieurs reprises de bloquer le détroit en réponse à des sanctions économiques ou à des pressions militaires. Une telle fermeture serait un acte de guerre économique, car elle perturberait l'approvisionnement mondial en pétrole et en gaz. Les pays occidentaux, dont l'Europe, dépendent fortement de ces ressources pour leur économie et leur sécurité énergétique. Une crise dans cette région pourrait donc avoir des répercussions bien au-delà du secteur aérien.

Ce que ça pourrait changer

Face à cette menace, l'Europe pourrait tenter de diversifier ses sources d'approvisionnement en kérosène. Une solution serait d'augmenter les importations depuis d'autres régions, comme les États-Unis, le Brésil ou l'Asie, mais cela prendrait du temps et nécessiterait des infrastructures adaptées. Une autre option serait de réduire la consommation de kérosène en optimisant les vols ou en développant des carburants alternatifs, comme les *carburants durables d'aviation* (SAF), produits à partir de déchets ou de biomasses. Cependant, ces alternatives restent limitées en volume et coûteuses. Enfin, les gouvernements pourraient puiser dans les réserves stratégiques nationales, mais celles-ci sont déjà insuffisantes pour couvrir une longue période.

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