Ma foi en Hollywood
Après des dizaines de chroniques passées à pester contre le cinéma hollywoodien, surprise : "Spiderman Brand New Day" et "L'Odyssée", sortis cet été, redonnent espoir dans le blockbuster..
L’auteur, chroniqueur régulier sur France Culture, explique avoir passé des mois à critiquer sévèrement les blockbusters hollywoodiens, notamment les gros films de studios américains. Il qualifiait souvent ces productions de prétentieuses ou de médiocres, anticipant même en juillet 2026 un échec pour les deux principaux blockbusters de l’été. Pourtant, deux films sortis à cette période ont changé son avis : Spiderman: Brand New Day et L’Odyssée de Christopher Nolan. Ces deux œuvres, qui ont rencontré un grand succès public, lui ont redonné foi dans le cinéma commercial américain. Leur point commun ? Une approche plus directe, centrée sur l’action pure et le corps des personnages, loin des effets spéciaux ou des métaphores abstraites.
L’Odyssée, réalisé par Christopher Nolan en 2026, s’inspire du poème homérique pour en proposer une version très concrète. Le film commence par une scène clé : le cheval de Troie, utilisé comme piège par les Grecs pour envahir la ville, est filmé comme un engin de guerre moderne. La caméra suit des soldats grecs épuisés, enfermés dans le cheval, qui assistent à l’effondrement de Troie. Nolan ne montre pas une épopée mythologique idéalisée, mais une guerre brutale où les personnages, comme Ulysse joué par Matt Damon, sont des survivants traumatisés. L’idée centrale est de rendre le mythe littéral : Athéna, déesse de la sagesse, est filmée comme une jeune Troyenne sacrifiée, et Ulysse apparaît moins comme un héros rusé que comme un homme brisé par la guerre, comparable à un soldat de retour du Vietnam ou d’Irak. Le film met en lumière la folie et l’épuisement des combattants, loin des récits héroïques traditionnels.
Spiderman: Brand New Day, sorti en 2026, marque un tournant dans la franchise Marvel. Après plusieurs épisodes où l’histoire du héros était noyée dans des références aux autres films de l’univers Marvel (fan service) et dans des concepts abstraits comme le métavers, ce nouvel opus recentre l’attention sur Peter Parker, interprété par Tom Holland. Le film explore ses doutes après la mort de sa tante May et de ses amis, et se concentre sur ses pouvoirs et ses limites physiques. Contrairement aux précédents volets, l’accent est mis sur l’action concrète : des séquences de voltige filmées en caméra embarquée, dans un New York réaliste avec ses taxis jaunes, ses gratte-ciels et ses pizzerias. Le récit est volontairement simple, sans métaphores complexes, et retrouve l’esprit originel de Spider-Man : un jeune homme ordinaire confronté à des responsabilités extraordinaires.
Malgré leurs différences, *L’Odyssée* et *Spiderman: Brand New Day* partagent une approche commune : ils privilégient le corps et l’action pure au détriment des effets spéciaux ou des concepts abstraits. Le premier transforme un mythe antique en récit de guerre réaliste, tandis que le second recentre Spider-Man sur ses capacités physiques et ses émotions. Les deux films semblent ainsi renouer avec une tradition du cinéma où l’histoire et l’épopée priment sur les innovations techniques ou les références auto-centrées. Cette tendance pourrait indiquer un changement dans la production hollywoodienne, où les blockbusters tentent de retrouver un équilibre entre spectacle et narration accessible.

