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Généraliste

Les pays du G7 s’entendent pour libérer jusqu’à 100 millions de barils de diesel et de pétrole

Le Devoir · mis à jour 2 oct.

L’accord vise à faire baisser le prix des carburants. L’idée d’interdire des exportations brandie par Trump est écartée..

Accord du G7 sur les stocks

Les dirigeants des sept pays les plus industrialisés au monde (Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni), réunis sous le nom de G7, ont décidé de libérer jusqu’à 100 millions de barils de diesel et de pétrole brut sur une période de quatre mois. Cette mesure vise à faire baisser les prix des carburants, qui ont fortement augmenté en raison de la guerre au Moyen-Orient. L’Agence internationale de l’énergie (AIE), une organisation qui coordonne les politiques énergétiques des pays membres, supervise cette opération. Les pays du G7 ont également écarté l’idée d’interdire les exportations entre eux, une proposition initialement avancée par l’ancien président américain Donald Trump. Emmanuel Macron, président français et hôte de la réunion, a précisé que des stocks « substantiels » de diesel seraient mis sur le marché dans les 20 prochains jours.

Contexte économique tendu

La décision du G7 intervient dans un contexte de forte tension sur les prix de l’énergie. En Europe, le prix moyen du diesel à la pompe a atteint un nouveau record historique de 2,24 euros le litre en septembre 2023, tandis qu’aux États-Unis, il a dépassé 6,53 dollars le gallon (soit 3,78 litres) fin septembre. Cette flambée s’explique en partie par des perturbations dans l’approvisionnement mondial, notamment en raison de la guerre en Ukraine et du blocage du détroit d’Ormuz par l’Iran, une voie maritime stratégique pour le transport de pétrole. Par ailleurs, l’inflation dans la zone euro a atteint 3,8 % en septembre 2023, un niveau inédit depuis trois ans, en grande partie à cause de la hausse des prix de l’énergie. Les agriculteurs, les transporteurs routiers et les entreprises américaines sont particulièrement touchés par cette pénurie de diesel.

Rôle des États-Unis et de l'UE

Les États-Unis ont joué un rôle central dans les négociations. Donald Trump, alors président, avait menacé d’interdire les exportations de carburants vers l’Union européenne (UE) si celle-ci refusait de puiser dans ses stocks de diesel. Cependant, la Commission européenne, l’organe exécutif de l’UE, a rejeté cette idée, estimant qu’une telle interdiction « porterait atteinte à notre confiance dans les États-Unis en tant que partenaire fiable ». En effet, 50 % du diesel importé par les 27 pays de l’UE provient des États-Unis. Face à cette pression, les États-Unis ont finalement accepté de ne pas imposer de restrictions aux exportations, tout en soulignant que l’Europe allait mettre sur le marché une quantité massive de son diesel stocké. La Commission européenne a également proposé de reporter d’un an une loi contre les émissions de méthane, un gaz à effet de serre très polluant, pour apaiser les tensions.

Ce que ça pourrait changer

En plus de la libération des stocks, les pays du G7 ont convenu de travailler à la réduction des marges des raffineurs, ces entreprises qui transforment le pétrole brut en carburants, ainsi qu’à la baisse des coûts de transport. Ces derniers ont fortement augmenté en raison des blocages dans le détroit d’Ormuz. Les dirigeants ont également mentionné la possibilité de débloquer des stocks « additionnels » si la situation le nécessite. Par ailleurs, en mars 2023, les membres de l’*AIE* avaient déjà promis de libérer progressivement 400 millions de barils de pétrole issus de leurs stocks stratégiques, mais tous n’ont pas encore été mis sur le marché. Les attaques ukrainiennes sur les infrastructures énergétiques russes et le verrouillage du détroit d’Ormuz par l’Iran continuent de peser sur la production mondiale de diesel, malgré le fonctionnement à plein régime des raffineries ailleurs dans le monde.

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