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Un peuple peut-il imposer sa souveraineté à un autre peuple?, demande le chef de l’APNQL

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 10 j

Francis Verreault-Paul dit qu’il ne faut pas oublier les Autochtones dans le débat sur l’avenir du Québec..

Souveraineté et Autochtones

Francis Verreault-Paul, chef de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador (APNQL), a souligné que le débat sur la souveraineté du Québec ne doit pas négliger la place des Autochtones. L’APNQL représente les 43 Premières Nations du Québec et du Labrador, soit environ 95 000 personnes, selon les dernières estimations. Le chef a rappelé que ces peuples autochtones sont des acteurs historiques et distincts de ce territoire, et que leur voix doit être prise en compte dans toute discussion sur l’avenir politique du Québec. Il a posé une question centrale : un peuple peut-il imposer sa souveraineté à un autre peuple ? Cette interrogation renvoie à des enjeux juridiques et éthiques complexes, notamment en matière de droits autochtones et de reconnaissance des peuples. Le chef Verreault-Paul a insisté sur l’importance d’un dialogue respectueux entre les Québécois et les Premières Nations, surtout dans le contexte des élections prévues le 5 octobre 2026 au Québec.

Position du Parti québécois

Le Parti québécois (PQ), qui propose un référendum sur la souveraineté du Québec s’il est élu, a entamé des discussions avec les Premières Nations et les Inuit. Dans son Livre bleu sur l’indépendance du Québec, publié en juin 2026, le PQ a indiqué avoir déjà amorcé un dialogue avec ces communautés et promis de publier un chapitre spécifique sur leur place dans un Québec indépendant avant la fin de l’été 2026. Le chef de l’APNQL a salué cette démarche, tout en rappelant que le choix des Québécois de voter pour la souveraineté doit s’accompagner du respect des droits et des aspirations des peuples autochtones. Le PQ, fondé en 1968, est un parti politique québécois qui défend l’idée d’un Québec indépendant, distinct de la fédération canadienne. Les élections de 2026 sont présentées comme un moment clé pour aborder cette question.

Respect et dialogue

Francis Verreault-Paul a expliqué que si les Québécois choisissent la souveraineté, ce choix doit être respecté par les Autochtones, mais que l’inverse doit aussi être vrai. Il a souligné que les Premières Nations, en tant que peuples distincts, auront elles aussi un choix à faire dans ce scénario. Le chef a insisté sur la nécessité d’une relation de peuple à peuple, basée sur le respect mutuel. Cette position s’inscrit dans un contexte où les Autochtones revendiquent depuis des décennies la reconnaissance de leurs droits, notamment à travers des traités et des accords internationaux comme la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones (2007). Le chef a également mentionné que le contexte juridique a évolué depuis le référendum de 1995, ce qui rend la question encore plus complexe aujourd’hui.

Élections et souveraineté

Les prochaines élections au Québec, prévues pour le 5 octobre 2026, pourraient relancer le débat sur la souveraineté. Le Parti québécois (PQ) et Québec solidaire (QS), un autre parti souverainiste, ont tous deux inscrit cette question dans leur plateforme électorale. Le chef de l’APNQL a indiqué que les discussions avec ces partis se poursuivent, notamment pour clarifier leur position sur les droits des Autochtones dans un Québec indépendant. Québec solidaire, fondé en 2006, est un parti de gauche qui défend à la fois la souveraineté du Québec et des politiques progressistes. Le chef Verreault-Paul a précisé que, quelle que soit l’issue des élections, les Autochtones doivent être associés aux décisions qui les concernent, conformément aux principes de consentement libre, préalable et éclairé reconnus par le droit international.

Ce que ça pourrait changer

Le débat sur la souveraineté du Québec n’est pas nouveau : il a déjà été au cœur de deux référendums, en 1980 et 1995, tous deux rejetés par les électeurs. Depuis, le contexte juridique a évolué, notamment avec la reconnaissance accrue des droits autochtones. Par exemple, la *Loi sur les Indiens* au Canada et les traités modernes ont renforcé la position des Premières Nations. Le chef de l’APNQL a rappelé que les Autochtones ne sont pas un groupe homogène et que leurs aspirations varient selon les nations. Certaines communautés pourraient soutenir l’idée d’un Québec souverain, tandis que d’autres y verraient une menace à leurs droits ou à leur autonomie. Le chef a souligné que la question de la souveraineté ne peut être abordée sans tenir compte de cette diversité.

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