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Généraliste

L’Arabie saoudite apporte son soutien aérien au gouvernement yéménite face aux Houthis

Le Devoir · mis à jour 5 oct.

Le gouvernement yéménite peine à freiner les avancées des rebelles, qui encerclent Taëz, troisième ville du pays..

Contexte géopolitique

L’Arabie saoudite, dirigée par le gouvernement yéménite reconnu internationalement, apporte un soutien aérien à ce dernier pour contrer l’avancée des rebelles houthis au Yémen. Ces derniers, soutenus par l’Iran, ont lancé une offensive éclair en septembre 2024, s’emparant du littoral sur la mer Rouge et encerclant désormais Taëz, troisième ville du pays. La coalition saoudienne intervient depuis 2015 au Yémen, mais la situation s’est aggravée en juillet 2024 avec la reprise des hostilités. Les Houthis, mouvement armé chiite, sont qualifiés de pro-iraniens car ils reçoivent un soutien logistique et militaire de l’Iran, leur allié régional. Leur objectif est de contrôler davantage de territoires au Yémen, un pays déjà fragilisé par des années de conflit. La communauté internationale reconnaît le gouvernement yéménite comme légitime, mais son autorité est contestée par les Houthis.

Opération militaire en cours

Le gouvernement yéménite a lancé une contre-offensive appelée Aube du Yémen pour reprendre les territoires perdus face aux Houthis. La coalition saoudienne participe activement à cette opération en fournissant un soutien aérien 24 heures sur 24 aux forces yéménites au sol. Selon le général Turki al-Maliki, porte-parole de la coalition, 100 avions de combat ont participé à l’offensive, détruisant 324 cibles de grande valeur, comme des dépôts d’armes ou des infrastructures logistiques. La coalition assure également la protection aérienne du détroit de Bab el-Mandeb, une voie maritime stratégique reliant la mer Rouge à l’océan Indien. Les Houthis avaient renforcé leur contrôle sur ce détroit en septembre 2024, profitant des restrictions de navigation imposées par l’Iran dans le détroit d’Ormuz, situé de l’autre côté de la péninsule arabique.

Attaques transfrontalières

Les Houthis mènent des attaques régulières contre l’Arabie saoudite voisine, ciblant notamment ses infrastructures pétrolières. Dimanche, une attaque a interrompu le transport de pétrole via l’oléoduc Est-Ouest, un pipeline crucial qui permet à l’Arabie saoudite, premier exportateur mondial de brut, d’acheminer son pétrole de l’est du royaume vers la mer Rouge en évitant le détroit d’Ormuz. La station de pompage de Khurais, située à l’est de Riyad, a été touchée, provoquant des dégâts importants et un nouvel arrêt des pompages. Cet oléoduc est devenu encore plus vital depuis que l’Iran a restreint la navigation dans le détroit d’Ormuz en février 2024, au début de la guerre au Moyen-Orient. Les Houthis ont revendiqué cette attaque, affirmant avoir frappé des sites du géant pétrolier saoudien Aramco à Riyad et dans la région de Khurais.

Situation humanitaire à Taëz

La ville de Taëz, troisième plus grande du Yémen, est désormais encerclée par les Houthis, qui coupent les routes d’approvisionnement et isolent ses habitants. Les forces gouvernementales yéménites ont annoncé avoir mené 1 122 attaques contre les Houthis dans plusieurs régions, dont Taëz, Saada et Al-Jawf. Selon le porte-parole des forces gouvernementales, Majid al-Nazili, plus de 1 500 combattants houthis auraient été neutralisés lors de ces opérations. Malgré le siège, des habitants de Taëz ont exprimé leur détermination à rester dans la ville, déclarant : « Nous ne pouvons pas quitter la ville […] Nous resterons et nous mourrons dans cette ville ». Les Houthis, de leur côté, ont confirmé des frappes aériennes dans la région de Saada, fief historique du mouvement. Les combats s’intensifient autour de l’aéroport de Dhubab, une ville côtière proche du détroit de Bab el-Mandeb, et de la route menant au port de Mokha, récemment pris par les Houthis.

Ce que ça pourrait changer

Les affrontements entre les forces gouvernementales yéménites et les Houthis s’étendent sur plusieurs fronts, avec des gains territoriaux limités pour les deux camps. Les forces gouvernementales affirment avoir pris le contrôle de l’aéroport de Dhubab et coupé une route stratégique reliant Taëz à Aden, où siège le gouvernement internationalement reconnu. Cependant, les Houthis ont démenti cette information via leur agence de presse. Par ailleurs, des frappes saoudiennes ont été signalées sur la capitale Sanaa, contrôlée par les Houthis, faisant selon eux deux victimes civiles : une femme et une fillette. De leur côté, les Houthis ont revendiqué des attaques contre des sites pétroliers saoudiens, mais ces affirmations n’ont pas été confirmées de manière indépendante. La situation reste tendue, avec des risques accrus pour les civils pris au piège des combats.

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