NapseflowNapseflow
Environnement

«Le climat est devenu une épée de Damoclès» : après un été catastrophique, cet agriculteur du Poitou jette l’éponge

Vert.eco · mis à jour il y a 5 j

Après cet été brûlant, 64% des responsables d’exploitation de Charente-Maritime et des Deux-Sèvres envisagent de changer de métier, selon un sondage de la chambre d’agriculture locale. Paysan en bio dans le sud du Poitou, Samuel Le Mercier a franchi le pas.

Un été dévastateur

Samuel Le Mercier, agriculteur bio dans les Deux-Sèvres, a vu sa dernière récolte de pommes de terre presque entièrement détruite par des insectes ravageurs comme les taupins (larves de coléoptères) et les vers gris (chenilles de papillons), attirés par la sécheresse. Son tracteur, un Zetor des années 1980, a également montré des signes de fatigue, tout comme son propriétaire, épuisé par des canicules précoces. Après onze ans de travail sur la ferme familiale, il a décidé d’arrêter son activité. Cette situation n’est pas isolée : selon un sondage de la chambre d’agriculture de la Charente-Maritime et des Deux-Sèvres, mené entre le 16 juillet et le 26 août, 64 % des agriculteurs interrogés envisagent d’arrêter leur exploitation, dont 21 % « sérieusement » et 5 % « à court terme ».

Des charges insoutenables

Les principales difficultés rencontrées par les agriculteurs sont les charges trop élevées (67 %), le manque d’eau (61 %) et les problèmes de trésorerie (57 %). Le prix du gasoil non routier (utilisé pour les engins agricoles) a explosé, rendant le fonctionnement des exploitations encore plus coûteux. Samuel Le Mercier a tenté de s’adapter en installant un forage à 40 mètres de profondeur pour irriguer ses cultures, mais il a rapidement été confronté à des factures d’eau exorbitantes (passant de 0,50 € à 2 ou 3 € le mètre cube) en raison de la concurrence avec les grandes cultures comme le maïs. Malgré un système de goutte-à-goutte, ses dépenses ont atteint plusieurs milliers d’euros. Le plan d’urgence d’un milliard d’euros annoncé par la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, début septembre, n’a pas suffi à soulager les agriculteurs comme lui.

Un modèle économique fragilisé

Samuel Le Mercier a converti sa ferme familiale de 34 hectares en agriculture biologique en 2015, après avoir découvert des modèles d’agriculture autosuffisante en Argentine. Il a diversifié ses cultures en cultivant à la fois des céréales (blé, tournesol) et des légumes en maraîchage, ce qui lui a permis de sécuriser partiellement son revenu. Cependant, le changement climatique a profondément perturbé ce modèle. Chaque été, une culture lui échoue : en 2025, la sécheresse a détruit ses poireaux en plein champ, tandis que ses tomates sous serre, habituellement productives jusqu’en décembre, ont donné moins de fruits. En juillet, il a perdu 1 500 choux à cause des ravageurs et de la sécheresse, ce qui l’a contraint à abandonner les cultures d’hiver. Son chiffre d’affaires, partagé avec sa compagne Aurélie Baffou, s’élève à 1 260 € par mois, un revenu modeste pour un travail physique intense.

L’impact du climat sur la santé

Les canicules répétées ont eu un impact direct sur la santé de Samuel Le Mercier, âgé de 40 ans. Après un hiver marqué par une infection pulmonaire traitée aux antibiotiques, les vagues de chaleur ont aggravé sa fatigue et provoqué des douleurs articulaires. Ces problèmes de santé, couplés à l’épuisement physique, ont joué un rôle clé dans sa décision d’arrêter l’agriculture. Il souligne que les conditions de travail deviennent de plus en plus difficiles, non seulement à cause des aléas climatiques, mais aussi en raison de l’inflation généralisée (coût de l’essence, assurances, réparations mécaniques à 70 € de l’heure).

Ce que ça pourrait changer

Samuel Le Mercier et sa compagne, membres du syndicat agricole *Confédération paysanne*, dénoncent le manque de soutien ciblé pour les petites exploitations. Le plan gouvernemental d’un milliard d’euros est perçu comme une aide principalement destinée à l’*agroindustrie* (grandes exploitations industrielles), sans solution concrète pour les agriculteurs en difficulté. Les prévisions météorologiques pour la prochaine saison, influencées par le phénomène *El Niño* (une anomalie climatique liée au réchauffement des océans), annoncent de nouvelles perturbations : pluies intenses et températures élevées. Cette instabilité a achevé de convaincre Samuel Le Mercier que l’agriculture, dans ces conditions, relève désormais du pari impossible. Il résume cette situation par une métaphore : *« Le climat est devenu une épée de Damoclès : tu as beau t’accrocher, tu n’es pas maître de ton destin. »*

Sujets complémentaires

Ce contenu a été généré par intelligence artificielle à partir de l'article source. Il peut contenir des erreurs ou imprécisions.