Garantir l’autonomie spatiale de l’Europe coûte de l’argent, plaide l’ESA
Au Sommet international sur l’espace, à Paris, Josef Aschbacher, directeur de l’Agence spatiale européenne (ESA), a appelé les États membres de cette organisation à assumer leurs ambitions en matière de politique spatiale en investissant “un milliard d’euros par an pendant dix ans”..
Le directeur général de l’Agence spatiale européenne (ESA), Josef Aschbacher, a plaidé lors du Sommet international sur l’espace à Paris pour un investissement supplémentaire de l’Europe dans le domaine spatial. Il a estimé que pour garantir l’autonomie de l’Europe dans l’espace, les États membres devraient consentir un effort financier de un milliard d’euros par an pendant dix ans, soit un total de 10 milliards d’euros. Cette somme vise à permettre à l’Europe de ne plus dépendre des États-Unis ou d’autres acteurs pour des missions spatiales comme l’envoi d’astronautes. Selon l’ESA, cette dépendance a un coût : si l’Europe continue à recourir à des prestataires privés étrangers, les dépenses pourraient atteindre 5 milliards d’euros sur dix ans.
Josef Aschbacher a alerté sur le retard croissant de l’Europe face à ses concurrents dans la course à l’espace. Les États-Unis, le Japon, la Corée du Sud et l’Australie investissent massivement dans l’exploration spatiale, ce qui creuse l’écart technologique et financier avec l’Europe. En 2025, l’Europe a augmenté son budget spatial à 22,3 milliards d’euros pour la période 2026-2028, soit une hausse de 31 %. Cependant, cette augmentation reste insuffisante pour combler le retard accumulé. L’ESA souligne que sans ces investissements supplémentaires, l’Europe risque de devenir un passager de l’espace plutôt qu’un pilote, c’est-à-dire un acteur capable de décider et d’agir de manière indépendante.
Actuellement, l’Europe est largement dépendante des États-Unis pour ses missions spatiales. Par exemple, l’envoi d’astronautes européens dans l’espace repose encore sur des moyens américains, comme les fusées SpaceX ou les missions de la NASA. Cette dépendance limite la souveraineté de l’Europe dans un domaine stratégique, où les enjeux technologiques, économiques et géopolitiques sont majeurs. L’ESA insiste sur la nécessité de développer des solutions 100 % européennes pour réduire cette vulnérabilité. Pour y parvenir, l’agence a été missionnée par les ministres européens pour présenter un plan concret lors de leur prochaine réunion en décembre 2026.
Les ministres européens chargés de l’espace ont réagi positivement à l’appel de l’ESA. Lors du sommet à Paris, ils ont signé une déclaration commune pour *positionner l’Europe comme un acteur central* dans l’exploration spatiale. Leur objectif est de façonner les opportunités en orbite et de renforcer la compétitivité européenne face à la Chine, aux États-Unis et aux autres puissances spatiales. Cette déclaration marque une prise de conscience collective de l’urgence à agir. L’ESA a été chargée de préparer un plan détaillé pour atteindre ces ambitions, qui sera présenté lors de la prochaine réunion des ministres en décembre 2026.

