Iran : dans l'ombre de la guerre au Moyen-Orient, les exécutions s'accélèrent
Alors que l'attention internationale reste accaparée par la guerre au Moyen-Orient, les exécutions se multiplient en Iran. Depuis le mois de mars, au moins 56 personnes ont été mises à mort pour des infractions liées à la sécurité nationale, dont plusieurs condamnées après les manifestations du début de l'année.
Depuis le début de l'année 2026, l'Iran est engagé dans un contexte de tensions régionales accrues au Moyen-Orient, ce qui capte l'attention des médias et des gouvernements du monde entier. Dans ce cadre, les autorités iraniennes intensifient des mesures répressives internes, notamment à travers une augmentation significative du nombre d'exécutions. Selon le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH), au moins 56 personnes ont été exécutées depuis le 19 mars 2026 pour des infractions liées à la sécurité nationale. Parmi elles, 27 avaient été condamnées en lien avec les manifestations qui ont eu lieu au début de l'année 2026. Ce chiffre illustre une stratégie de répression visant à dissuader toute forme de dissidence ou de contestation au sein de la population iranienne.
Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH), dirigé par Volker Türk, joue un rôle central dans la dénonciation de cette escalade des exécutions en Iran. L'organisation onusienne qualifie cette pratique de méthode pour « semer la peur au sein de la population et réprimer la dissidence ». Volker Türk a souligné que plus de 100 autres personnes se trouvent actuellement sous le coup d'une condamnation à mort pour des accusations similaires, ce qui porte à plus de 150 le nombre total de condamnés à mort depuis mars 2026. L'ONU critique également le déroulement des procès, souvent expéditifs : certains accusés auraient été condamnés à mort après seulement trois heures d'audience à huis clos, parfois quelques semaines seulement après leur arrestation.
L'ONU et d'autres mécanismes internationaux de défense des droits humains dénoncent des violations graves des procédures judiciaires en Iran. Parmi les principales critiques figurent l'absence de garanties d'un procès équitable, l'absence de transparence et des allégations d'aveux obtenus sous la torture ou d'autres formes de mauvais traitements. Ces pratiques remettent en cause la légitimité des condamnations et soulèvent des questions sur le respect des droits fondamentaux des accusés. Par ailleurs, certaines exécutions auraient été menées en public, ce qui ajoute une dimension de terreur et de dissuasion collective. Ces méthodes sont jugées incompatibles avec les standards internationaux des droits humains.
La Mission internationale indépendante d'établissement des faits sur l'Iran, mandatée par le Conseil des droits de l'homme des Nations Unies, a également alerté sur cette situation. Le 23 juillet 2026, elle a demandé la suspension immédiate de l'exécution de 10 hommes condamnés pour leur participation à une manifestation à Ispahan, craignant une nouvelle vague d'exécutions. Les experts ont appelé les autorités iraniennes à instaurer un moratoire sur la peine de mort, première étape vers son abolition définitive. Volker Türk, chef du HCDH, a quant à lui exhorté Téhéran à mettre fin immédiatement aux exécutions et à s'engager dans une démarche d'abolition de la peine capitale, la qualifiant d'incompatible avec la dignité humaine.
En plus des condamnations liées aux manifestations, l'ONU alerte sur la persistance des exécutions pour des infractions liées aux stupéfiants. Ces condamnations se poursuivent à un rythme jugé « alarmant » par les experts onusiens. Bien que le nombre exact de ces exécutions ne soit pas précisé dans l'article, leur maintien souligne une politique répressive large et multiforme en Iran. Ces pratiques, combinées aux exécutions pour raisons politiques, illustrent une approche systématique de répression par le régime iranien, indépendamment du contexte ou de la nature des infractions.

