Le vote par anticipation pour les élections de mi-mandat commence aux États-Unis
De premiers électeurs se déplacent dans les bureaux de scrutin dans un contexte de menaces par Trump du droit de vote..
Le vote par anticipation et en personne pour les élections de mi-mandat aux États-Unis a commencé le vendredi 18 septembre 2026. Ces élections, qui auront lieu le 3 novembre 2026, permettent aux Américains de choisir les membres du Congrès (Chambre des représentants et Sénat) ainsi que certains gouverneurs et assemblées législatives locales. Le vote anticipé se déroule sur six semaines et offre aux électeurs la possibilité de voter avant le jour officiel du scrutin. Certains États comme la Virginie, le Minnesota et le Dakota du Sud ont déjà commencé ce processus, tandis que d'autres le lanceront dans les semaines à venir. Les responsables électoraux assurent que le scrutin sera sécurisé et précis, malgré un contexte politique tendu.
Les élections de mi-mandat de 2026 se déroulent dans un contexte marqué par plusieurs crises majeures. Les Américains doivent notamment se prononcer sur des questions comme la hausse du coût de la vie, la guerre en Iran et les risques liés à l'intelligence artificielle (IA). Ces enjeux influencent directement le choix des électeurs, qui doivent décider quel parti, démocrate ou républicain, mérite leur confiance pour diriger le Congrès. Si les démocrates reprennent le contrôle de la Chambre des représentants ou du Sénat, cela pourrait entraîner des enquêtes et des mesures de contrôle contre le président Donald Trump, dont le mandat actuel touche à sa fin. Ces élections sont donc cruciales pour l'équilibre des pouvoirs aux États-Unis.
Avant ces élections, un redécoupage électoral (gerrymandering) a été réalisé dans plusieurs États, notamment au Texas, en Californie et dans d'autres régions. Ce processus consiste à redessiner les limites des circonscriptions électorales pour favoriser un parti politique. Environ un Américain sur dix (soit 10 % de la population) vit désormais dans une circonscription différente de celle de 2024 en raison de ces changements. Ces manœuvres, souvent partisanes, visent à maximiser l'influence d'un parti lors des scrutins. Une décision récente de la Cour suprême des États-Unis a affaibli les protections contre ces pratiques discriminatoires, ce qui pourrait influencer les résultats des prochaines élections.
Le président Donald Trump multiplie les initiatives pour remettre en cause le processus électoral et influencer son déroulement. Il a notamment recours à des recours judiciaires pour contester certaines méthodes de vote, comme le vote par correspondance. Il mène également une campagne fédérale pour traquer les électeurs non citoyens, bien que les études montrent que ce phénomène reste extrêmement rare. Trump tente aussi d'imposer un contrôle fédéral sur l'administration des élections, alors que la Constitution américaine confie cette responsabilité aux États. Ces actions s'inscrivent dans une stratégie plus large visant à semer le doute sur la légitimité du scrutin.
Un lanceur d'alerte a accusé des fonctionnaires fédéraux de s'être fait passer pour d'autres personnes sur des outils de recherche d'électeurs afin de traquer les votants non citoyens. Le procureur général démocrate de Virginie a estimé que ces agissements pourraient enfreindre les lois de l'État. Trump, qui depuis des années alerte sur un prétendu vote massif des non-citoyens, continue de propager cette idée, malgré l'absence de preuves solides. Des experts comme David Becker, directeur du Center for Election Innovation and Research, prévoient que Trump pourrait poursuivre sa campagne de désinformation contre les responsables électoraux, tout en reconnaissant que le processus électoral devrait se dérouler normalement.
Les défenseurs du droit de vote encouragent les Américains à voter par correspondance dès que possible en 2026. Cette recommandation s'explique par des inquiétudes concernant les récents changements dans le fonctionnement du service postal américain (*U.S. Postal Service*), qui pourraient retarder l'apposition du cachet de la poste sur les bulletins de vote. Voter tôt permet de réduire les files d'attente le jour du scrutin et peut accélérer l'obtention des résultats. Le responsable du service postal, David Steiner, a conseillé aux électeurs d'envoyer leur bulletin une semaine avant la date limite. Le secrétaire d'État du Minnesota, Steve Simon, a quant à lui rassuré la population en affirmant que les élections dans son État seront libres, équitables et sécurisées.

