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Droit

Étudiants étrangers : les changements à connaître avant d'entreprendre vos démarches pour étudier en France. Par Jihan Lamia Adjal, Étudiante en droit.

Village Justice · mis à jour 6 juil.

Chaque année, la France accueille des milliers d'étudiants étrangers sur son territoire et les chiffres parlent d'eux-mêmes : parmi les 2,9 millions d'étudiants en France, environ 14 % sont des étudiants internationaux. Selon un classement réalisé par le célèbre magazine britannique "The Economist" , la France se classe au 8ᵉ rang mondial des destinations d'études entre 2021 et 2023, se positionnant ainsi juste après la Suisse et devant l'Italie.

Frais d'inscription en hausse

En France, les droits d’inscription pour les étudiants internationaux extra-communautaires vont fortement augmenter. Un décret de mai 2026 impose désormais aux universités de ne plus exonérer plus de 30 % des étudiants en 2026-2027, puis 25 % en 2027-2028, et enfin 20 % à partir de 2028. Auparavant, certaines universités pouvaient exonérer la majorité des étudiants. Les frais différenciés s’élèvent à 2 895 € par an en licence (contre 178 € pour les nationaux) et 3 941 € en master (contre 254 €). Une exception existe pour les étudiants déjà engagés dans un cursus : ceux bénéficiant d’une exonération en 2025-2026 ou avant mai 2026 la conserveront jusqu’à la fin de leur cycle (licence ou master), à condition de rester dans le même établissement. Cependant, cette exonération ne s’étend pas automatiquement au cycle suivant.

Ressources financières requises

Pour obtenir ou renouveler un titre de séjour « étudiant », les étudiants étrangers doivent désormais justifier de ressources mensuelles minimales. Un décret de juin 2026 fixe ce seuil à 877,50 € bruts par mois, soit 47 % du SMIC brut. Cette règle s’applique à toutes les demandes déposées à partir du 1er août 2026. Les étudiants dont la demande a été déposée avant cette date restent soumis au seuil précédent de 615 €. Cette mesure vise à s’assurer que les étudiants disposent des moyens financiers nécessaires pour subvenir à leurs besoins pendant leurs études en France.

Coût des titres de séjour

Le prix des titres de séjour pour les étudiants étrangers a doublé. Depuis mai 2026, une première délivrance coûte 150 € (100 € de taxe et 50 € de droit de timbre), contre 75 € auparavant. Pour un renouvellement, le tarif est désormais de 100 € (50 € de taxe et 50 € de droit de timbre). Ces tarifs s’appliquent uniquement aux demandes validées à partir du 1er mai 2026. Les dossiers validés avant cette date conservent l’ancien tarif de 75 €. Ces frais s’ajoutent aux autres dépenses liées à la vie étudiante en France.

Accès aux aides au logement

À partir du 1er juillet 2026, les étudiants extra-européens non boursiers ne pourront plus bénéficier des Aides Personnelles au Logement (APL). Cette exclusion ne concerne pas tous les étudiants étrangers : ceux exerçant une activité professionnelle en France (contrat d’alternance, professionnalisation, emploi salarié ou indépendant) y auront toujours droit. Les APL sont des aides financières versées par l’État pour réduire le coût du logement. Cette réforme vise à recentrer ces aides sur les étudiants les plus précaires ou ceux qui contribuent à l’économie française par leur travail.

Ce que ça pourrait changer

Ces nouvelles règles ne s’appliquent qu’aux étudiants **extra-communautaires**, c’est-à-dire non ressortissants de l’*Union européenne* (UE). Les étudiants européens bénéficient d’un régime juridique distinct et ne sont pas concernés par ces changements. Par ailleurs, certaines nationalités peuvent être exemptées ou bénéficier d’aménagements en vertu d’accords bilatéraux ou multilatéraux conclus entre la France et leur pays d’origine. Il est donc essentiel de vérifier si votre situation relève d’une exception avant d’engager des démarches administratives. Ces accords peuvent prévoir des conditions spécifiques pour les frais d’inscription, les aides sociales ou les titres de séjour.

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