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Environnement

Pro-A69, pesticides et mégabassines… Ces sénateurs en pointe contre l'écologie

Reporterre · mis à jour 23 sept.

Dimanche 27 septembre, la moitié du Sénat sera renouvelée par les grands électeurs qui choisiront de prolonger ou non le mandat de plusieurs sénateurs, dont certains mènent une offensive anti-écologique. Portraits.

Sénateurs contre écologie

L'article met en lumière un groupe de sénateurs français qui s'opposent régulièrement à des mesures écologiques lors des débats parlementaires. Ces élus, issus de différents partis politiques, se distinguent par leur positionnement systématique contre des projets ou des lois visant à protéger l'environnement. Parmi leurs cibles récurrentes figurent des infrastructures comme la pro-A69 (un projet d'autoroute entre Lyon et Turin), l'usage des pesticides dans l'agriculture ou encore la construction de mégabassines (grands réservoirs d'eau destinés à l'irrigation agricole). Leur influence s'exerce principalement au Sénat, où ils bloquent ou modifient des textes législatifs en faveur de l'écologie, souvent en s'appuyant sur des arguments économiques ou techniques. Leur action s'inscrit dans un contexte de tensions entre développement économique et préservation de l'environnement en France.

Projet d'autoroute A69

Le projet pro-A69 désigne la construction d'une autoroute reliant Lyon à Turin, en passant par le sud-est de la France. Ce projet, porté par des acteurs économiques et politiques, est critiqué pour son impact environnemental, notamment la destruction de zones naturelles et agricoles, ainsi que pour son bilan carbone élevé. Les sénateurs opposés à ce projet invoquent souvent des arguments liés au coût économique (estimé à plusieurs milliards d'euros) et à la pertinence du tracé, qui traverse des territoires déjà bien desservis par d'autres infrastructures. En 2023, ce projet a fait l'objet de vifs débats au Parlement, où certains sénateurs ont tenté de le freiner ou de le modifier pour en réduire l'empreinte écologique.

Usage des pesticides

Les pesticides sont des substances chimiques utilisées en agriculture pour lutter contre les ravageurs, les maladies ou les mauvaises herbes. Leur usage intensif est pointé du doigt pour ses conséquences sur la santé humaine (risques de cancers, troubles neurologiques) et sur les écosystèmes (disparition d'espèces pollinisatrices comme les abeilles, pollution des sols et des eaux). En France, les sénateurs opposés à une réduction de ces produits s'appuient sur des arguments économiques, comme la nécessité de maintenir la compétitivité des agriculteurs ou de garantir la sécurité alimentaire. En 2022, la France a consommé environ 60 000 tonnes de pesticides, selon les données du ministère de la Transition écologique.

Mégabassines et irrigation

Les mégabassines sont de grands réservoirs d'eau artificiels, construits pour stocker l'eau en période de pluie et la redistribuer en période de sécheresse, notamment pour l'irrigation agricole. Ces infrastructures, souvent critiquées par les écologistes, sont accusées de perturber les cycles naturels de l'eau, d'assécher les nappes phréatiques et de favoriser une agriculture intensive peu durable. En 2023, plusieurs projets de mégabassines ont été bloqués ou retardés par des recours juridiques ou des oppositions locales. Les sénateurs en faveur de ces projets mettent en avant leur utilité pour sécuriser les récoltes face au changement climatique, mais leurs détracteurs soulignent leur coût environnemental et leur inefficacité à long terme.

Rôle du Sénat

Le Sénat, deuxième chambre du Parlement français, joue un rôle clé dans l'élaboration des lois. Contrairement à l'Assemblée nationale, où les députés sont élus au suffrage universel direct, les sénateurs sont élus par des grands électeurs (maires, conseillers départementaux, etc.). Cette particularité donne souvent plus de poids aux territoires ruraux et aux intérêts économiques locaux, ce qui peut expliquer l'influence de certains sénateurs sur les questions environnementales. En 2023, le Sénat a notamment bloqué ou amendé plusieurs textes issus de l'Assemblée nationale visant à renforcer la protection de l'environnement, comme la loi sur la restauration de la nature ou des mesures de réduction des pesticides.

Ce que ça pourrait changer

L'opposition de ces sénateurs s'inscrit dans un contexte politique plus large, marqué par des tensions entre écologie et économie. Certains partis politiques, comme Les Républicains (LR) ou une partie de la droite, défendent une vision libérale de l'économie où la croissance et la compétitivité priment sur les enjeux environnementaux. D'autres sénateurs, issus de divers horizons, partagent cette position pour des raisons idéologiques ou par proximité avec des lobbies agricoles ou industriels. En 2022, lors des débats sur la loi *Climat et Résilience*, ces sénateurs ont réussi à atténuer plusieurs mesures phares, comme l'interdiction des pesticides les plus dangereux ou la limitation de l'artificialisation des sols.

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