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Géopolitique

Inondations en Thaïlande : les “malheurs de Bangkok” ne font qu’empirer

Courrier International · mis à jour 5 oct.

Plus de 3 millions de Thaïlandais sont encore affectés par les inondations qui ont touché le pays à la fin du mois de septembre, notamment dans la capitale, Bangkok. L’ampleur du phénomène illustre le manque de préparation, et le risque que ce type d’événement devienne de plus en plus fréquent sous l’effet du changement climatique..

Inondations massives à Bangkok

Fin septembre 2026, Bangkok, la capitale de la Thaïlande, a été frappée par des inondations d'une ampleur exceptionnelle. En seulement trois jours, la ville a reçu l'équivalent d'un mois de précipitations, soit environ 300 millimètres de pluie. Ces pluies diluviennes ont paralysé la circulation, provoqué l'annulation de nombreux vols et laissé plus de 3 millions de Thaïlandais affectés par les eaux. Les quartiers comme Khlong Chan, dans l'est de la capitale, ont été particulièrement touchés, forçant des habitants comme Siraprapha Sangseeluem, une jeune femme de 24 ans, à rester bloqués dans leur logement pendant plusieurs jours. Les autorités ont été critiquées pour leur gestion de la crise, accusées d'avoir minimisé les risques malgré les alertes des météorologues, aggravant ainsi l'impact sur la population.

Causes et facteurs aggravants

Les inondations à Bangkok s'expliquent par une combinaison de facteurs naturels et humains. D'une part, le changement climatique intensifie les phénomènes météorologiques extrêmes, rendant les pluies plus intenses et imprévisibles. D'autre part, la ville elle-même est vulnérable en raison de son urbanisation rapide et de sa topographie. Bangkok est en effet construite sur un delta, une zone naturellement plate et basse où l'eau s'accumule facilement. De plus, l'imperméabilisation des sols due à la construction de bâtiments et de routes aggrave le ruissellement des eaux, empêchant leur absorption naturelle. Les infrastructures de drainage, souvent anciennes et insuffisantes, ne parviennent pas à évacuer l'eau assez rapidement, ce qui prolonge les inondations.

Critiques envers les autorités

La gestion de la crise par les autorités thaïlandaises a suscité une vive colère parmi les habitants de Bangkok. Le Premier ministre Anutin Charnvirakul, venu distribuer des vivres aux sinistrés, a été accueilli par des sarcasmes de la part des résidents. Ces derniers lui ont lancé des remarques ironiques comme "Je me sens tellement riche", en référence à une promesse électorale faite en janvier 2026, où il s'était engagé à rendre le pays "tellement riche que [les Thaïlandais ne sauraient plus quoi faire de leur argent]". Les habitants reprochent aux dirigeants d'avoir sous-estimé l'ampleur des inondations et d'avoir réagi trop tardivement, malgré les alertes météorologiques. Cette négligence a exacerbé le sentiment de méfiance envers le gouvernement.

Conséquences économiques et sociales

Les inondations ont eu des répercussions majeures sur l'économie et la vie quotidienne des Bangkokois. Des milliers de personnes ont été privées d'électricité ou d'accès à l'eau potable, et des centaines de véhicules ont été endommagés ou détruits par les eaux. Les pertes économiques sont estimées à plusieurs centaines de millions d'euros, en raison des perturbations des transports, des commerces et des services publics. Par ailleurs, la crise a mis en lumière les inégalités sociales : les habitants les plus pauvres, vivant dans des zones mal protégées, ont été les plus touchés. Enfin, ces événements ont relancé le débat sur la nécessité d'investir dans des infrastructures résilientes et des plans d'urgence adaptés aux défis climatiques.

Ce que ça pourrait changer

Les experts s'accordent à dire que les inondations comme celles de septembre 2026 pourraient devenir plus fréquentes à l'avenir en Thaïlande, en raison du changement climatique. Bangkok, déjà surnommée *"la ville qui s'enfonce"*, est particulièrement menacée par la montée des eaux et l'affaissement des sols, un phénomène appelé *subsidence* qui résulte du pompage excessif des nappes phréatiques. Sans une politique ambitieuse d'adaptation, comme la rénovation des systèmes de drainage ou la limitation de l'urbanisation dans les zones inondables, la capitale thaïlandaise pourrait connaître des crises similaires, voire plus graves, dans les décennies à venir. Ces événements soulignent l'urgence d'agir pour protéger les populations et les infrastructures.

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