«La violence n’est pas une réponse» face aux craintes à l’égard de l’IA, dit Bengio
Les bureaux de Mila, à Montréal, ont été vandalisés la nuit dernière..
Dans la nuit du mardi 16 septembre 2026, vers 23h45, les locaux de Mila, l’Institut québécois d’intelligence artificielle situé à Montréal, ont été vandalisés par un groupe d’une dizaine de personnes. Plusieurs vitres ont été brisées et des murs tagués. Une femme de 25 ans a été interpellée à proximité des lieux puis remise en liberté après un interrogatoire, sans que son statut de suspecte ne soit confirmé. Mila, organisation spécialisée dans la recherche en intelligence artificielle (IA), a dénoncé ces actes comme des actes d’intimidation et de dégradation matérielle, tout en réaffirmant son engagement pour une IA éthique, sécuritaire et au service de l’intérêt public. L’enquête est toujours en cours, menée par le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), qui examine notamment des images de vidéosurveillance.
Yoshua Bengio, fondateur de Mila et figure majeure de l’IA, a réagi publiquement lors de l’ouverture d’All In, une conférence internationale sur l’IA à Montréal. Il a fermement condamné la violence comme réponse aux craintes du public face à cette technologie, soulignant que ces craintes, bien qu’il les comprenne, ne justifient pas des actes destructeurs. Bengio a rappelé que Mila concentre ses efforts sur des enjeux comme la protection de la vie privée, l’alignement de l’IA avec la sécurité humaine et la justice sociale. Il a également insisté sur la nécessité d’intégrer l’éthique au cœur des décisions technologiques, malgré les pressions concurrentielles et géopolitiques. Bengio a passé des années à étudier les responsabilités des chercheurs, des entreprises et des gouvernements dans ce domaine.
Lors de la conférence All In, le ministre fédéral canadien de l’Intelligence artificielle et de l’Innovation numérique, Evan Solomon, et son homologue allemand, Karsten Wildberger, ont annoncé un financement conjoint de 310 millions de dollars canadiens (150 millions $ CAN du Canada et 160 millions $ CAN de l’Allemagne, soit 100 millions €) pour LawZero, un organisme à but non lucratif fondé par Bengio et hébergé à Mila. Ce financement vise à soutenir la recherche sur la sécurité des systèmes d’IA, notamment pour garantir que ces technologies puissent être entraînées avec des protections renforcées. Bengio a précisé que plus l’IA devient puissante, plus ses bénéfices potentiels sont grands, mais aussi plus les risques sont élevés et difficiles à anticiper.
Evan Solomon a qualifié les actes de vandalisme d’inacceptables dans une démocratie, rappelant que les chercheurs et étudiants ont le droit de travailler en toute sécurité. Il a encouragé un débat démocratique sur les enjeux de l’IA, mais a exclu toute forme de violence, insistant sur le droit à la manifestation pacifique. Le SPVM, présent lors de la conférence, a indiqué que sa présence policière au Palais des congrès de Montréal n’avait pas été renforcée en réponse au vandalisme, les déploiements ayant été planifiés indépendamment. Les autorités ont confirmé que l’enquête se poursuivait pour identifier d’éventuels autres suspects.
Mila, dirigé par Yoshua Bengio, se présente comme un acteur clé dans le développement d’une intelligence artificielle responsable. Ses priorités incluent l’encadrement des risques sociétaux, la protection des données personnelles, et l’alignement des systèmes d’IA avec les valeurs humaines et la justice sociale. *LawZero*, l’organisme financé par les deux pays, a pour mission d’étudier les dangers potentiels des IA avancées et de proposer des solutions pour les atténuer. Bengio a souligné que l’objectif n’est pas de freiner l’innovation, mais de s’assurer que la sécurité soit une priorité dès la conception de ces technologies, afin d’éviter que des risques graves ne deviennent incontrôlables.

