Au Népal, parmi ceux qui ont tout perdu : “Dieu a repris ce qu’il nous avait donné”
Certains ont vu les biens de toute une vie emportés par la coulée de boue, racontent des envoyés spéciaux du “New York Times”. Pour l’instant, il s’agit de répondre aux besoins les plus urgents mais, après, comment reconstruire ?.
Le 26 août 2026, une coulée de boue dévastatrice a frappé le centre du Népal, notamment les districts de Devighat et Bidur. Ce phénomène naturel, comparable à un torrent de boue et de débris, a emporté des maisons, des commerces, des écoles et des vies en quelques secondes. Les rescapés, comme Anju Shakya, une commerçante, et Anushka Tamang, une femme de ménage, ont tout perdu en un instant. Les images montrent des rues transformées en champs de boue, où ne subsistent que des fondations de maisons et des débris. Les autorités n’ont pas encore communiqué de bilan officiel, mais les témoignages évoquent des dizaines de victimes et des milliers de personnes déplacées. Les coulées de boue surviennent souvent après de fortes pluies ou des glissements de terrain, un phénomène aggravé par la déforestation et l’urbanisation non contrôlée.
Anushka Tamang, 29 ans, a risqué sa vie pour retourner dans sa maison à moitié ensevelie à Devighat. Elle a traversé des bourbiers et des débris en marchant sur un tronc d’arbre et une plaque de tôle, pieds nus. Dans les ruines de sa demeure, elle a retrouvé une valise contenant ses saris et les vêtements de sa fille de 6 ans, suspendus au plafond et miraculeusement épargnés par la boue. Son récit illustre la détresse des survivants, qui doivent désormais faire face à des questions urgentes : où dormir, quoi manger, comment reconstruire ? Les rescapés sont hantés par l’absence de réponses et l’incertitude quant à l’avenir. Les besoins immédiats, comme l’accès à l’eau potable et à un abri, sont prioritaires, mais les ressources manquent.
Face à l’ampleur de la catastrophe, certains Népalais, comme Anju Shakya, expriment une résignation teintée de spiritualité. La phrase « Dieu a repris ce qu’il nous avait donné » reflète une interprétation religieuse de l’événement, où la perte est perçue comme une épreuve divine. Cette vision contraste avec l’urgence matérielle des survivants, qui doivent trouver des solutions concrètes pour survivre. Les croyances locales jouent un rôle important dans la manière dont les communautés affrontent les catastrophes, offrant un cadre pour donner un sens à l’inexplicable. Cependant, cette approche ne remplace pas les besoins immédiats en nourriture, en logement et en sécurité.
Les autorités népalaises et les organisations humanitaires doivent désormais répondre à une crise humanitaire majeure. Les priorités immédiates incluent la distribution de nourriture, d’eau potable, de couvertures et de kits d’hygiène. Les camps de fortune commencent à se mettre en place pour accueillir les déplacés, mais les conditions sanitaires sont précaires. Les routes endommagées compliquent l’acheminement des secours, et les communications sont souvent coupées dans les zones les plus touchées. Les experts soulignent que cette catastrophe n’est pas une surprise, car le Népal est régulièrement confronté à des inondations et des glissements de terrain, souvent liés à la mousson et à la dégradation des écosystèmes.
Après la phase d’urgence, la question de la reconstruction se pose. Les survivants, comme Anushka Tamang, ignorent comment ils pourront rebâtir leur vie. Les infrastructures détruites (écoles, commerces, routes) devront être reconstruites, mais les moyens financiers et techniques font défaut. Le gouvernement népalais, déjà endetté, devra mobiliser des fonds internationaux pour financer la relance. Les experts estiment que la reconstruction pourrait prendre des années, voire des décennies, surtout si les causes profondes des catastrophes (déforestation, urbanisation anarchique) ne sont pas adressées. Les communautés locales, souvent laissées à elles-mêmes, devront jouer un rôle central dans ce processus.
Le Népal, pays himalayen d’Asie du Sud, est particulièrement vulnérable aux catastrophes naturelles en raison de sa géographie montagneuse, de ses fortes pluies de mousson et de sa déforestation. Les coulées de boue, ou *lahars*, sont des flux rapides de boue et de débris qui se forment après des pluies intenses ou des séismes. Elles sont fréquentes dans les régions où les sols sont instables, comme au Népal. Les experts avertissent que le changement climatique aggrave ces phénomènes, en intensifiant les précipitations et en fragilisant les écosystèmes. Les autorités locales et les ONG appellent à une meilleure gestion des risques et à des investissements dans des infrastructures résilientes.

