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Environnement

Ils ramènent une ferme en plein quartier populaire : « L'écologie ne doit pas être réservée à quelques-uns »

Reporterre · mis à jour il y a 13 j

Chèvres, lamas, chevaux... Le temps d'une journée, une ferme a été recréée à Bagnolet, en Seine-Saint-Denis, en plein cœur d'un quartier populaire.

Une ferme urbaine à Lyon

Dans le quartier populaire de la Duchère à Lyon, un projet innovant a vu le jour : une ferme urbaine nommée La Ferme des Possibles. Ce projet, porté par l’association Les Restos du Cœur en partenariat avec la mairie de Lyon, transforme un ancien parking en espace agricole de 1 200 m². L’objectif est double : produire des légumes bio localement tout en offrant des ateliers d’éducation à l’écologie pour les habitants du quartier. Le projet s’inscrit dans une démarche d’agriculture urbaine, qui consiste à cultiver des plantes en ville, souvent sur des terrains inutilisés, pour réduire l’empreinte carbone liée au transport des aliments. La ferme a été inaugurée en septembre 2023 et fonctionne grâce à des bénévoles et des salariés en insertion, c’est-à-dire des personnes accompagnées pour retrouver un emploi. Ce modèle permet de concilier écologie et justice sociale, en rendant l’accès à une alimentation saine et durable accessible à tous.

Écologie et justice sociale

Le projet de La Ferme des Possibles illustre une volonté de démocratiser l’écologie, souvent perçue comme un privilège réservé aux classes aisées. En effet, les pratiques écologiques, comme l’achat de produits bio ou l’installation de panneaux solaires, peuvent représenter un coût élevé pour les ménages modestes. Ici, l’association Les Restos du Cœur et la mairie de Lyon montrent que l’écologie peut aussi être un levier d’inclusion sociale. Les ateliers proposés incluent des formations sur le compostage, la permaculture (une méthode de culture respectueuse de l’environnement) ou encore la réduction des déchets. Depuis son ouverture, la ferme a accueilli plus de 500 participants, majoritairement des habitants du quartier. Ce projet s’inscrit dans une tendance plus large, celle des quartiers durables, où l’on cherche à intégrer des solutions écologiques dans des espaces urbains populaires.

Financement et partenariats

Le financement de La Ferme des Possibles repose sur un partenariat public-privé. La mairie de Lyon a investi 80 000 € dans le projet, tandis que des entreprises locales comme Lidl et Bouygues Construction ont contribué à hauteur de 20 000 € chacune. Ces fonds ont permis d’acheter du matériel, de construire des serres et de rémunérer une partie de l’équipe. L’association Les Restos du Cœur apporte quant à elle son expertise en gestion de projets sociaux et en accompagnement des publics en difficulté. Le projet bénéficie également de subventions européennes dans le cadre du programme FEDER (Fonds Européen de Développement Régional), qui soutient les initiatives locales favorisant la transition écologique. Cette diversité des financements montre l’engagement de différents acteurs pour rendre ce projet viable sur le long terme.

Impact sur le quartier

Depuis son lancement, La Ferme des Possibles a eu un impact significatif sur le quartier de la Duchère. D’une part, elle a permis de réduire l’îlot de chaleur urbain, un phénomène où les villes deviennent plus chaudes que les zones rurales environnantes en raison de l’asphalte et du béton. Les cultures et les espaces verts créés par la ferme contribuent à rafraîchir l’air localement. D’autre part, le projet a renforcé les liens sociaux entre les habitants, avec des événements comme des repas partagés ou des marchés de producteurs locaux. Selon les responsables du projet, la fréquentation de la ferme a augmenté de 30 % entre 2023 et 2024, preuve de son ancrage dans le quotidien des riverains. Enfin, la ferme a permis de créer 5 emplois en insertion, offrant une première expérience professionnelle à des personnes éloignées de l’emploi.

Ce que ça pourrait changer

Le succès de *La Ferme des Possibles* à Lyon suscite l’intérêt d’autres villes françaises. Des élus de Grenoble, Nantes ou encore Marseille ont déjà manifesté leur volonté de reproduire ce modèle dans des quartiers populaires. L’objectif est de montrer que l’écologie peut être un outil de cohésion sociale et non pas seulement un enjeu environnemental. Pour cela, les porteurs du projet insistent sur l’importance de l’implication des habitants dès la conception du projet. Une étude menée par l’association *Les Restos du Cœur* révèle que 70 % des participants aux ateliers souhaiteraient voir d’autres fermes urbaines dans leur ville. Ce projet pourrait ainsi inspirer une nouvelle génération de politiques publiques locales, où écologie et justice sociale ne sont plus dissociées.

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