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Pétrole européen : un conflit entre la Norvège, l’UE et le climat

Presse-Citron · mis à jour 22 sept.

La Commission européenne refuse de céder face à la Norvège et confirme le maintien de son moratoire sur les forages en Arctique. Le pays n’en démord pas : il veut se rendre toujours plus au Nord pour chercher du gaz et du pétrole..

UE maintient moratoire Arctique

La Commission européenne a décidé de maintenir son moratoire interdisant tout nouveau forage pétrolier et gazier en Arctique, malgré les pressions de la Norvège. Ce moratoire n'est pas une interdiction légale contraignante, mais il reflète les objectifs climatiques de l'Union européenne. La Norvège, bien que non membre de l'UE, fait partie de l'espace économique européen et est le premier fournisseur de gaz de l'UE depuis le début de la guerre en Ukraine en 2022. Bruxelles justifie sa position par la nécessité de réduire les émissions de gaz à effet de serre pour respecter l'Accord de Paris sur le climat. Cependant, cette décision ne bloque pas les projets norvégiens dans ses propres eaux territoriales.

Norvège persiste projets forages

Le gouvernement norvégien, dirigé par le ministre de l'Énergie Terje Aasland, refuse de renoncer à ses projets d'extraction en mer de Barents, une zone située au nord du pays. Oslo mise sur des projets comme Wisting, qui deviendra le champ pétrolier le plus septentrional au monde. La Norvège prévoit également la réouverture de plateformes gazières fermées depuis 30 ans et l'exploration de nouveaux sites. Ces initiatives répondent à des intérêts économiques nationaux, mais aussi européens, selon Oslo. Pourtant, les nouvelles réserves de gaz ne devraient commencer à produire qu'autour de 2045, bien après la fin des tensions énergétiques actuelles.

Débat sécurité énergétique

La Norvège argue que ses projets de forage en Arctique sont essentiels pour garantir la sécurité énergétique de l'Europe, surtout depuis la réduction des approvisionnements en gaz russe après l'invasion de l'Ukraine. Le pays transforme une partie de son gaz en gaz naturel liquéfié (GNL) via le terminal de Melkøya pour l'exporter vers d'autres continents, comme l'Asie. Cependant, les experts s'interrogent sur l'utilité de ces projets : les réserves de gaz de la mer de Barents ne seront exploitables qu'à partir de 2045, alors que la demande européenne en énergies fossiles devrait chuter d'ici là en raison des politiques de décarbonation.

Risques financiers et fiscaux

L'État norvégien accorde des déductions fiscales massives aux compagnies pétrolières, couvrant jusqu'à 78 % des coûts d'exploration. Ces avantages fiscaux reportent une grande partie des risques financiers sur les contribuables norvégiens, alors que les projets restent incertains. Par ailleurs, les délais de développement en Arctique sont très longs en raison des conditions extrêmes : vagues immenses, températures négatives et nuit permanente en hiver. Ces contraintes rendent les investissements encore plus risqués et coûteux.

Ce que ça pourrait changer

Les projets de forage en mer de Barents, comme Wisting, menacent un écosystème fragile situé à seulement 50 kilomètres de la banquise et près de l'île aux Ours. Cette zone abrite des espèces protégées comme des oiseaux marins, des baleines et des phoques. Les risques d'accidents sont élevés : en cas de marée noire hivernale, plus de 90 % du pétrole déversé ne pourrait pas être récupéré, selon les estimations d'Equinor. Les conditions extrêmes (froid, obscurité, éloignement) rendent toute intervention de nettoyage quasi impossible, aggravant le danger pour la biodiversité.

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