Le grand écart : j’ai passé six mois avec le MacBook Pro M5 Max d’Apple ( et le MacBook Neo)
Depuis quelques mois, j'ai sur mon bureau un ordinateur que je n’aurais jamais imaginé tester un jour. A première vue, il ressemble à un traditionnel MacBook Pro 16’’.
Le MacBook Pro 16 pouces équipé de la puce Apple Silicon M5 Max est présenté comme l'ordinateur portable le plus puissant jamais conçu par Apple à la date du test (septembre 2026). Cette machine intègre une configuration extrême : 128 Go de RAM et un SSD de 4 To. La puce M5 Max se distingue par son architecture optimisée pour les tâches gourmandes en calcul, comme l'intelligence artificielle locale, le montage vidéo 8K ou la modélisation 3D complexe. Le prix initial de cette configuration était de 7 300 € TTC, mais il a depuis augmenté de 25 %, atteignant 9 164 € en raison d'une pénurie mondiale de mémoire vive et de stockage. Cette hausse reflète en partie l'explosion des coûts des composants, notamment la mémoire mobile LPDDR5X, dont le prix a presque triplé en six mois selon le cabinet TrendForce.
L'écran du MacBook Pro M5 Max propose une option nano-texturée, un traitement du verre qui réduit considérablement les reflets, rendant l'écran lisible même en plein soleil. Cette technologie évite les pertes de contraste et offre des couleurs profondes, bien que la dalle ne soit pas de type OLED. Le système audio intégré est également salué comme le meilleur du marché, avec des basses profondes, un son enveloppant et une fidélité remarquable pour un ordinateur portable. Ces caractéristiques visent à améliorer l'expérience utilisateur, que ce soit pour le travail ou les loisirs multimédias.
Contrairement à certaines critiques passées, le MacBook Pro M5 Max offre une connectique très complète. Il dispose de trois ports Thunderbolt 5 (USB-C), d'un lecteur de cartes SDXC, d'un port HDMI, d'une prise jack audio et d'une prise d'alimentation MagSafe. Cette dernière, équipée d'un système d'aimants, évite d'endommager les connecteurs en cas de traction accidentelle. Pour se conformer aux directives de l'Union européenne, la machine peut aussi être alimentée via un câble USB-C standard, à condition d'utiliser un adaptateur secteur puissant (140 W). Un chargeur tiers comme l'Anker USB-C 140 W, vendu 70 €, peut remplacer avantageusement l'adaptateur Apple proposé à 119 €.
La puce M5 Max et ses 128 Go de RAM permettent d'exécuter des modèles d'intelligence artificielle (IA) en local, sans dépendre du cloud. Cela offre plusieurs avantages : confidentialité totale (les données ne quittent pas la machine), autonomie totale (pas besoin de connexion internet) et économie (pas d'abonnement mensuel ni de jetons à acheter). Pour installer une IA locale, l'utilisateur peut opter pour une application comme LM Studio (via son interface graphique) ou passer par le Terminal avec des commandes UNIX. Un modèle comme Llama 4 Scout (67 Go) a été testé, générant des réponses complexes à une vitesse de 50 mots par seconde, bien que moins rapide que des IA cloud comme ChatGPT ou Claude. Les ventilateurs du MacBook s'activent lors de l'utilisation intensive de l'IA locale.
Les logiciels de montage vidéo comme DaVinci Resolve ou Final Cut Pro bénéficient d'une révolution avec le M5 Max. Les fichiers en 8K natif peuvent être manipulés sans recourir à des proxys (copies basse résolution), ce qui accélère considérablement le workflow. La machine intègre deux moteurs médias physiques dédiés à l'encodage et au décodage des formats lourds comme le ProRes ou le HEVC, libérant le processeur central pour d'autres tâches. En photographie, le traitement des images RAW 60 mégapixels (par exemple avec un Leica Q3) est drastiquement réduit : un export prenant 55 secondes sur un MacBook M1 Pro s'effectue en seulement 9 secondes avec le M5 Max. Ces gains de temps transforment l'expérience utilisateur, éliminant les pauses prolongées.
Les logiciels de conception 3D comme Fusion 360 ou Blender tirent parti de l'architecture du M5 Max, qui utilise une mémoire unifiée. Contrairement aux ordinateurs classiques où le processeur et la carte graphique échangent des données via la carte-mère, ici la RAM de 128 Go est partagée directement entre les 40 cœurs graphiques et le processeur central. Cette configuration élimine la latence et accélère les calculs complexes, comme les simulations par éléments finis (test de résistance mécanique ou thermique). Les temps de calcul, autrefois longs, deviennent quasi instantanés. Cette innovation réduit le besoin d'une tour de bureau puissante pour les tâches de 3D.
La hausse du prix du MacBook Pro M5 Max de 7 300 € à 9 164 € s'explique en partie par une pénurie mondiale de mémoire vive (RAM) et de stockage. Selon le cabinet TrendForce, le prix de la mémoire mobile LPDDR5X a presque triplé entre début 2025 et le second trimestre 2026, passant de 58-63 % à 78-83 % d'augmentation. Pour une configuration de 128 Go de RAM et 4 To de SSD, l'impact sur le coût est estimé à plusieurs centaines, voire plus d'un millier d'euros. Apple négocie probablement des contrats d'approvisionnement à long terme, ce qui pourrait limiter l'impact réel de cette hausse sur sa marge. Cependant, le constructeur ne communique pas sur ses coûts d'achat, rendant impossible une évaluation précise de sa marge bénéficiaire.
Pour des tâches bureautiques classiques comme le traitement de texte ou les tableurs (par exemple Excel), la puissance du M5 Max est largement surdimensionnée. Le test a montré que même avec des fichiers géants (jusqu'à 1 048 576 lignes et 16 384 colonnes), les opérations comme les tris multicritères ou les changements de type de données prennent quelques secondes, contre près d'une minute sur un MacBook M1. Acheter ce MacBook uniquement pour ces usages revient à utiliser une Formule 1 pour aller chercher du pain, comme le souligne l'article. La machine est conçue pour des tâches professionnelles intensives, pas pour un usage grand public standard.
Le **MacBook Neo**, lancé au printemps 2026 à **799 €**, est une machine ultralégère et sans ventilateur, destinée à un public étudiant ou à un usage bureautique basique. Il utilise la puce **A18 Pro** (celle de l'iPhone), avec un processeur graphique à **5 cœurs** et des performances bien inférieures au M5 Max. Alors que le MacBook Pro M5 Max est conçu pour des tâches professionnelles exigeantes (IA, 3D, montage vidéo), le Neo se limite à des usages simples comme la navigation web, le traitement de texte ou les tableurs légers. Le prix du Neo a également augmenté de **100 €**, passant à **799 €**, mais son impact reste limité grâce à sa configuration modeste (8 Go de RAM et 256 Go de stockage).

