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Géopolitique

Les parcs d’attractions saoudiens, des projets démesurés aux résultats mitigés

Courrier International · mis à jour il y a 10 j

L’annonce de la création de trois parcs à thème dans le Val-d’Oise, près de Paris, correspond au goût du prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane, pour les “mégaprojets”. En Arabie saoudite, ses ambitions concernant le développement de parcs d’attractions sont tout aussi démesurées mais n’ont pas eu les résultats escomptés, explique le média américain “Al-Monitor”..

Projets pharaoniques saoudiens

L’Arabie saoudite, dirigée par le prince héritier Mohammed ben Salmane (surnommé MBS), multiplie les projets de parcs d’attractions d’envergure internationale. Ces mégaprojets s’inscrivent dans la stratégie Vision 2030, un plan de diversification économique visant à réduire la dépendance du pays aux revenus pétroliers. Parmi ces initiatives, le parc Qiddiya, situé près de Riyad, est présenté comme le fer de lance de cette ambition. Il prévoit notamment un espace dédié à l’univers du manga japonais Dragon Ball. Ces projets, souvent chiffrés en milliards de dollars (7 milliards pour les parcs près de Paris), reflètent une volonté de modernisation rapide, mais leur mise en œuvre se heurte à des défis structurels et logistiques.

Modèle inspiré d’Orlando

Les autorités saoudiennes s’inspirent du modèle des parcs à thème d’Orlando, en Floride (États-Unis), où se trouve le célèbre Disney World. Cependant, ce modèle s’est construit sur plus de 55 ans, avec une infrastructure progressive (transports, hébergements, commerces). Les Saoudiens visent quant à eux une réalisation en seulement 5 ans, ce qui pose des problèmes majeurs. Selon Dennis Spiegel, expert en parcs d’attractions, le parc Qiddiya manque cruellement d’infrastructures de base : pas de moyens de transport efficaces pour s’y rendre, peu de commerces ou de restaurants sur place, et une offre limitée en termes d’hébergement. Ces lacunes expliquent en partie sa faible fréquentation actuelle.

Défis climatiques et géopolitiques

Le climat extrême de l’Arabie saoudite, avec des températures dépassant souvent les 40°C en été, limite les visites aux heures nocturnes, ce qui n’est pas idéal pour les familles. De plus, la guerre contre l’Iran et l’instabilité régionale découragent les déplacements à l’intérieur du pays. Ces facteurs réduisent la fréquentation des parcs, malgré leur ambition de cibler principalement la clientèle locale. Par ailleurs, le taux d’occupation des hôtels à Riyad a chuté de 18 % en un an, atteignant seulement 49 %, en raison de cette instabilité. Ces difficultés illustrent les risques d’un développement trop rapide dans un contexte géopolitique tendu.

Stratégie d’expansion à l’étranger

Face aux difficultés rencontrées sur le sol saoudien, les autorités cherchent à étendre leur influence à l’étranger. Récemment, un accord non contraignant a été signé avec Qiddiya pour développer trois parcs à thème dédiés aux mangas près de Paris, pour un investissement de 6 milliards d’euros. Cette démarche s’inscrit dans une volonté de renforcer les liens politiques et économiques avec la France, un partenaire de plus en plus important pour l’Arabie saoudite. Pour Simon Chadwick, professeur à l’EM Lyon Business School, ces investissements à l’étranger pourraient compenser les échecs locaux et servir de vitrine pour attirer des touristes internationaux.

Ce que ça pourrait changer

Le *Fonds d’investissement public d’Arabie saoudite* (PIF), dirigé par MBS, joue un rôle central dans ces projets. Ce fonds, doté de ressources colossales, finance des mégaprojets comme *Qiddiya* dans le cadre de la *Vision 2030*. Son objectif est de transformer l’Arabie saoudite en une destination touristique majeure, en développant une industrie du divertissement quasi inexistante jusqu’ici. Cependant, malgré ces investissements massifs, les résultats restent en deçà des attentes, en raison des défis logistiques, climatiques et géopolitiques évoqués précédemment.

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