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Géopolitique

À l’Oktoberfest, des shorts cyclistes pour protéger les femmes des voyeurs

Courrier International · mis à jour 4 oct.

La gérante de la “roue du diable” propose des shorts gratuits aux femmes qui veulent profiter de son attraction. Depuis plusieurs années, des vidéos, monétisées sur Internet, exposent leurs sous-vêtements..

La roue du diable

La Teufelsrad (littéralement roue du diable en allemand) est une attraction emblématique de l’Oktoberfest, la célèbre fête de la bière de Munich. Depuis 1910, cette plateforme circulaire en bois tourne à une vitesse croissante, soumise à la force centrifuge. Les participants, hommes et femmes, doivent s’y maintenir le plus longtemps possible. L’attraction, qui fête sa 191e édition en 2026, attire en moyenne six millions de visiteurs chaque année. Elle est devenue un symbole de la fête, mais aussi le théâtre d’un phénomène problématique : sous l’effet de la rotation, les robes des femmes se soulèvent, exposant parfois leurs sous-vêtements.

L'upskirting, un fléau

L’upskirting est un terme anglais désignant le fait de filmer ou photographier sous les jupes, les robes ou les shorts d’une personne sans son consentement, souvent pour capturer des images intimes. À l’Oktoberfest, cette pratique a pris une ampleur inquiétante. Des vidéos de ce type, parfois retouchées numériquement pour accentuer l’effet, sont diffusées en ligne et monétisées. Selon la Süddeutsche Zeitung, au moins 32 000 vidéos de ce genre ont été recensées rien que sur les plateformes du groupe Meta (Facebook, Instagram). Certaines images sont même manipulées pour donner l’impression que les femmes sont nues. Des comptes spécialisés, souvent basés en Ukraine ou en Bavière, génèrent des revenus grâce à ces contenus, avec des gains pouvant atteindre 9 000 euros pour une seule vidéo postée par une influenceuse comptant 160 000 abonnés sur YouTube.

Une réponse concrète

Face à ce phénomène, Elisabeth Polaczy, gérante de l’attraction, a décidé d’agir. Depuis peu, elle propose gratuitement des shorts cyclistes aux femmes souhaitant participer à la Teufelsrad. L’objectif est simple : éviter que leurs sous-vêtements ne deviennent visibles sous l’effet de la rotation. Cette mesure vise à protéger leur intimité dans un contexte où le nombre de visiteurs (six millions en moyenne) rend impossible un contrôle total des comportements. La solution choisie est pragmatique, car elle s’adapte directement au problème rencontré, sans nécessiter de surveillance accrue ou de sanctions supplémentaires.

Un problème persistant

Malgré les efforts des plateformes comme TikTok, Meta ou Google pour supprimer ces vidéos lorsqu’elles sont signalées, le phénomène persiste. Les comptes concernés sont souvent recréés sous d’autres identités, et les vidéos continuent de circuler en ligne. Une enquête menée par le Bayerischer Rundfunk (médias publics locaux) a révélé que des images étaient parfois retouchées pour les rendre plus explicites, ou que des comptes en Ukraine ou en Bavière en tiraient profit. Ce problème n’est pas nouveau à l’Oktoberfest, mais il s’aggrave avec la viralité des réseaux sociaux et la monétisation de contenus intimes.

Ce que ça pourrait changer

L’Oktoberfest, qui se tient chaque année à Munich en Allemagne, est l’un des événements les plus populaires au monde. En 2026, elle célèbre sa 191e édition, attirant des millions de visiteurs venus du monde entier. Le problème de l’upskirting à la *Teufelsrad* illustre une tension plus large entre liberté individuelle, protection de la vie privée et exploitation commerciale des contenus intimes sur Internet. Les solutions mises en place, comme la distribution de shorts cyclistes, restent limitées face à l’ampleur du phénomène et à la difficulté de réguler les plateformes numériques.

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