Pour la construction d’une alliance indépendantiste progressiste
Les points de convergence entre le PQ et QS sont nombreux. Il faut en tirer parti..
Le Québec traverse une période politique marquée par des bouleversements après les élections du 5 octobre, où 19 députés conservateurs ont été élus. Cette situation a servi de leçon pour les progressistes, soulignant l'urgence de mettre en place des politiques visant à préserver les acquis sociaux et économiques du modèle québécois hérité de la Révolution tranquille. L'article insiste sur la nécessité d'une alliance entre le Parti québécois (PQ) et Québec solidaire (QS) pour réaliser l'indépendance du Québec d'ici 2030. Le PQ, avec 59 députés, a formé un gouvernement minoritaire malgré un appui populaire de seulement 28,02 %, tandis que QS a connu un recul historique. Cette alliance est présentée comme la seule voie possible pour concrétiser les objectifs souverainistes et progressistes.
Les auteurs identifient plusieurs points de convergence entre le PQ et QS, notamment la réforme du mode de scrutin. Actuellement, le Québec utilise un système électoral majoritaire uninominal à un tour, jugé défectueux car il ne reflète pas proportionnellement les votes exprimés. Les deux partis pourraient collaborer pour adopter un mode proportionnel mixte compensatoire avec listes régionales, un modèle ayant déjà fait consensus lors de tentatives précédentes. Un autre chantier commun est la défense de la langue française, perçue comme un outil d'émancipation et de résistance à l'anglicisation des grands centres urbains. Les auteurs proposent d'étendre la Loi 101 aux cégeps, une mesure déjà évoquée dans une lettre publiée dans Le Devoir. Enfin, la lutte aux changements climatiques et la réforme de l'éducation sont des sujets où les deux formations pourraient aligner leurs propositions.
L'article souligne l'urgence d'une souveraineté environnementale pour le Québec, face à des projets fédéraux comme l'expansion de l'oléoduc Trans Mountain et du terminal de gaz naturel liquéfié LNG Canada à Kitimat, jugés dépassés et polluants. Les auteurs prônent plutôt un investissement massif dans les énergies renouvelables, en s'appuyant sur le Plan d'action 2035 d'Hydro-Québec et les recommandations du Collectif de scientifiques pour l'action environnementale du Québec. Ils insistent sur la nécessité de rompre avec la logique extractiviste (exploitation intensive des ressources naturelles) imposée par Ottawa, et de privilégier des projets comme l'éolien et le solaire. La transition énergétique est présentée comme un pilier de l'indépendance québécoise.
La question de l'éducation a été peu abordée lors de la campagne électorale, mais les auteurs relèvent un consensus émergent autour du concept d'école à trois vitesses, qui désigne la fragmentation du système scolaire en trois niveaux (public, privé subventionné, privé non subventionné), créant des inégalités d'accès. Les partis PQ, QS et PLQ ont tous évoqué la tenue d'états généraux sur l'éducation. Les auteurs proposent de redonner à l'école publique les moyens nécessaires pour garantir une éducation équitable à tous les élèves, en s'attaquant à ce système inégalitaire. Cette réforme est présentée comme un levier pour renforcer la cohésion sociale et la justice sociale au Québec.
La défense de la langue française est présentée comme un enjeu central pour le Québec, car elle permet de préserver une identité collective et de résister à l'anglicisation des grands centres urbains. Les auteurs appellent à étendre l'application de la Loi 101 (qui encadre l'usage du français dans les écoles et les entreprises) aux cégeps, une mesure déjà soutenue par une lettre publiée dans Le Devoir. Ils soulignent que la langue est un liant commun qui facilite la participation démocratique et protège une diversité de pensée face à l'influence du marché américanisé. Cette politique s'inscrit dans la continuité des réformes de la Révolution tranquille.
Les auteurs proposent de sortir du débat idéologique autour de l'immigration en organisant un grand sommet réunissant la société civile québécoise (villes, entreprises, syndicats, groupes citoyens). L'objectif est de dégager une lecture commune de la situation en matière d'emplois, de langue et d'intégration, et de travailler à réduire les tensions liées aux politiques d'accueil. Ils insistent sur la nécessité d'une gouvernance indépendantiste qui prenne en compte les besoins économiques et sociaux, tout en évitant les anathèmes entre les différentes positions. Cette approche vise à construire un modèle d'intégration plus harmonieux et efficace.
Le Québec est critiqué pour son faible taux de croissance du produit intérieur brut (PIB), un indicateur qui mesure la richesse produite par un pays. En fin de campagne, des acteurs du milieu des affaires ont proposé une augmentation du PIB de 1 000 milliards d'euros en sept ans, en prônant une déréglementation économique. Les auteurs rejettent cette solution et insistent sur la nécessité de mettre en place des mesures concrètes pour assurer une répartition équitable de la richesse. Ils citent comme priorités la crise du logement, l'itinérance et l'accès à des services publics de qualité. Ils soulignent aussi l'importance de reconnaître les revendications du mouvement Le communautaire à boutte, qui représente les travailleurs du secteur communautaire.
Les auteurs considèrent que la construction d'un Québec indépendant doit se faire en collaboration avec les *Premières Nations* et les *Inuits*, en respectant leurs droits et leur autonomie. Ils proposent que le futur État québécois soit fondé selon les principes de la *Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones*, un texte international qui reconnaît leurs droits à l'autodétermination et à la gestion de leurs territoires. Cette alliance est présentée comme une condition incontournable pour obtenir la reconnaissance internationale du Québec et pour sceller un projet politique inclusif. Elle vise aussi à renforcer l'adhésion de la population québécoise au projet souverainiste.

