Près de la moitié des espèces d’oiseaux migrateurs sont en déclin, alerte un rapport
Les espèces d’oiseaux migrateurs sont malmenées par de nombreuses perturbations comme la destruction de leur habitat, la chasse, le changement climatique, la pollution chimique ou encore les espèces invasives. Quelque 45 % d’entre elles sont en déclin, d’après un rapport de l’ONG BirdLife International..
Un rapport publié en septembre 2026 par l'ONG BirdLife International révèle que 45 % des espèces d'oiseaux migrateurs voient leurs populations diminuer. Parmi les 1 843 espèces migratrices étudiées, 11 % sont désormais menacées d'extinction. Ce déclin concerne particulièrement les oiseaux marins et ceux vivant dans les zones humides côtières, comme les oiseaux de rivage. Ces espèces dépendent de milieux naturels spécifiques pour se reproduire, se reposer ou hiverner. Leur fragilité reflète l'impact des activités humaines sur les écosystèmes à l'échelle mondiale.
Les oiseaux migrateurs subissent plusieurs pressions liées aux activités humaines. La destruction de leurs habitats, comme les marais ou les zones humides, réduit leurs espaces de vie et de reproduction. La chasse, encore pratiquée dans certaines régions, décime des populations déjà fragilisées. Le changement climatique perturbe les cycles migratoires en modifiant les températures et les ressources alimentaires disponibles. La pollution chimique, notamment par les pesticides, affecte leur santé et leur reproduction. Enfin, l'introduction d'espèces invasives, comme certains prédateurs ou compétiteurs, menace leur survie en déséquilibrant les écosystèmes locaux.
Les oiseaux migrateurs suivent des couloirs de migration, des routes naturelles reliant leurs zones de reproduction, de repos et d'hivernage à travers les continents. Ces trajets, empruntés par des milliards d'individus chaque année, sont essentiels à leur survie. Cependant, ces corridors sont de plus en plus fragmentés par l'urbanisation, l'agriculture intensive ou les infrastructures humaines. Le rapport souligne que les solutions de protection doivent être mises en œuvre à l'échelle de ces couloirs pour être efficaces.
Lors du Global Flyways Summit organisé à Nairobi (Kenya) en septembre 2026, des dirigeants politiques, scientifiques et organisations de protection des oiseaux ont signé la Déclaration de Nairobi. Cet engagement vise à intensifier les efforts de protection des oiseaux migrateurs le long de leurs couloirs de migration. Parmi les mesures annoncées, une enveloppe de 6 milliards de dollars (5,2 milliards d'euros) sera allouée à la protection et à la restauration des habitats le long de ces routes. La Banque asiatique de développement a également présenté un plan de 3 milliards de dollars sur dix ans pour protéger 50 zones humides prioritaires le long de la voie Asie orientale-Australasie.
La voie de migration Asie orientale-Australasie est l'une des plus menacées au monde. Elle relie les régions froides du Nord, comme la Sibérie ou l'Alaska, aux zones tropicales de l'Océanie, comme l'Australie ou la Nouvelle-Zélande. Sur ce corridor, 53 % des espèces d'oiseaux sont en déclin, ce qui en fait l'un des plus touchés. Les efforts de protection ciblent notamment 50 zones humides prioritaires, où les oiseaux trouvent nourriture et repos. Ces milieux, comme les marais ou les estuaires, sont essentiels à leur survie lors de leur long voyage.
Stuart Butchart, directeur scientifique de *BirdLife International*, rappelle que les oiseaux migrateurs agissent comme des *sentinelles* de l'environnement. Leur déclin reflète les perturbations des écosystèmes, qu'elles soient naturelles ou causées par l'homme. Leur suivi permet d'évaluer l'efficacité des programmes de protection et d'adapter les actions en conséquence. Le rapport souligne que les solutions existent, mais leur mise en œuvre doit être urgente et à grande échelle pour éviter des extinctions massives.

