Comment la Norvège, le Canada et la France poussent pour encadrer l’IA
Après une rencontre à Saint-Pierre-et-Miquelon et quelques SMS entre les dirigeants norvégien, canadien et français – Jonas Gahr Store, Mark Carney et Emmanuel Macron –, une nouvelle alliance émerge pour réguler l’IA. “The Wall Street Journal” raconte les coulisses d’une démarche qui rappelle les traités sur les armes nucléaires..
En septembre 2026, trois dirigeants occidentaux — Jonas Gahr Store (Premier ministre norvégien), Mark Carney (Premier ministre canadien) et Emmanuel Macron (président français) — ont initié une démarche conjointe pour encadrer le développement de l’intelligence artificielle (IA). Cette collaboration s’est concrétisée lors d’une rencontre à Saint-Pierre-et-Miquelon, un archipel français situé au large de Terre-Neuve, ainsi que par des échanges informels via SMS. Leur objectif rappelle les traités internationaux visant à contrôler des technologies sensibles, comme ceux sur les armes nucléaires. Cette initiative marque une volonté de régulation mondiale de l’IA, un domaine encore peu encadré malgré ses enjeux croissants pour la société et l’économie.
Lors d’une réunion à New York en septembre 2026, Jonas Gahr Store et le président finlandais Alexander Stubb ont publié un document de deux pages posant un principe fondamental : « l’IA doit rester sous la direction, la supervision et le contrôle des humains ». Ce texte propose également la création d’un dispositif mondial de surveillance pour garantir le respect de cette règle. Parallèlement, le gouvernement canadien a appelé le Conseil de sécurité de l’ONU à se saisir de la question de la sécurité de l’IA, soulignant l’urgence d’une régulation internationale. Ces propositions s’inscrivent dans un contexte où l’IA est de plus en plus intégrée dans des secteurs critiques, comme la santé ou la défense, sans cadre juridique clair.
Cette initiative s’inscrit dans un paysage international marqué par des tensions autour de l’IA. Par exemple, Sam Altman, PDG d’OpenAI, a participé à une séance du Conseil de sécurité de l’ONU le 23 septembre 2026 pour discuter de la sécurité de l’IA. Les dirigeants norvégiens, canadiens et français cherchent à éviter une « loi de la jungle », c’est-à-dire une régulation anarchique où chaque pays ou entreprise fixerait ses propres règles. Leur approche s’appuie sur une coordination entre pays occidentaux, avec une participation notable de la Finlande, pour établir des normes communes et éviter les dérives technologiques.
L’IA représente à la fois une opportunité économique et un risque majeur. D’un côté, elle pourrait révolutionner des secteurs comme la médecine ou l’industrie, avec des gains de productivité estimés à plusieurs centaines de milliards d’euros par an. De l’autre, elle soulève des questions éthiques et sécuritaires, comme le risque de perte de contrôle sur des systèmes autonomes ou l’utilisation malveillante de ces technologies. Les dirigeants impliqués dans cette initiative soulignent la nécessité d’un équilibre entre innovation et protection, sans pour autant freiner le progrès technologique. Leur démarche vise à anticiper les risques avant qu’ils ne deviennent incontrôlables.

