À 64 ans, une femme consulte pour des douleurs abdominales
Un ver parasite de 8 cm a été extrait du cerveau d'une femme en Australie, révélant une infection humaine jamais observée auparavant et remettant en question les connaissances médicales actuelles. The post À 64 ans, une femme consulte pour des douleurs abdominales, les chirurgiens lui extraient une larve de 8 cm du cerveau appeared first on Science et vie..
En mars 2026, une femme australienne de 64 ans a été hospitalisée pour des douleurs abdominales, de la fièvre et une toux persistante. Les examens initiaux ont révélé des anomalies pulmonaires, une atteinte du foie et de la rate, mais aucune infection classique n’a été identifiée. Après plusieurs mois, son état s’est aggravé avec l’apparition de troubles de la mémoire et de confusion, poussant les médecins à explorer son cerveau. Lors d’une intervention chirurgicale, un ver parasite vivant de 8 cm a été extrait de son tissu cérébral. Ce cas constitue la première infection humaine documentée par le parasite Ophidascaris robertsi, habituellement présent chez les pythons tapis (Morelia spilota).
Le parasite Ophidascaris robertsi est un nématode, c’est-à-dire un ver rond, qui infecte normalement les pythons tapis en Asie et en Australie. Son cycle de vie implique que les serpents ingèrent des œufs présents dans l’environnement, comme des plantes contaminées. Les larves migrent ensuite à travers leurs organes avant de devenir adultes dans leur système digestif. Chez l’humain, ce parasite ne peut pas atteindre son stade adulte, mais ses larves peuvent errer dans les tissus, provoquant des inflammations dans les poumons, le foie ou le cerveau. Cette migration explique la diversité et la gravité des symptômes observés chez la patiente, rendant le diagnostic particulièrement complexe.
Les symptômes initiaux de la patiente, comme les douleurs abdominales et la fièvre, ont d’abord été attribués à des infections courantes. Cependant, les examens radiologiques ont révélé des opacités pulmonaires en verre dépoli, un terme médical désignant des zones partiellement remplies ou inflammatoires dans les poumons. Aucune infection humaine connue ne correspondait à ce tableau clinique. Ce n’est qu’après l’apparition de troubles neurologiques, comme des pertes de mémoire et de la confusion, que les médecins ont suspecté une atteinte cérébrale. L’extraction chirurgicale du ver a permis d’identifier la cause exacte, confirmant une infection parasitaire jamais décrite auparavant chez l’humain.
L’enquête environnementale a permis de reconstituer le scénario le plus probable de l’infection. La patiente vivait près d’une zone fréquentée par des pythons tapis. Les œufs du parasite, excrétés par les serpents, auraient contaminé des plantes sauvages qu’elle a pu manipuler ou consommer. En ingérant ces œufs, la larve du parasite aurait migré à travers son corps, provoquant des lésions dans ses poumons, son foie et finalement son cerveau. Ce mode de transmission, appelé zoonose indirecte, illustre comment des parasites animaux peuvent franchir la barrière des espèces et infecter l’humain, surtout dans des zones où les interactions entre faune et humains sont fréquentes.
Ce cas met en lumière les risques croissants de transmission de parasites animaux à l’humain, un phénomène appelé *zoonose*. Les infections émergentes peuvent déjouer les repères médicaux classiques, car elles ne correspondent à aucune maladie connue. Les symptômes variés et non spécifiques, comme ceux observés chez cette patiente, rendent le diagnostic particulièrement difficile. Les médecins soulignent l’importance de la vigilance face aux interactions entre humains et faune sauvage, surtout dans des régions où des espèces porteuses de parasites sont présentes. Ce cas rappelle aussi que les barrières entre espèces ne sont pas infranchissables, et que la médecine doit s’adapter à ces nouvelles menaces.

