Les colons européens auraient tué 2 millions d'autochtones en Australie entre 1788 et 1861
Longtemps, les manuels ont décrit une Australie précoloniale peu peuplée, faute de recensements écrits. De nouvelles méthodes, croisant génétique et archéologie, bousculent aujourd'hui ce portrait.
Les estimations traditionnelles suggéraient que l'Australie précoloniale était peu peuplée, en raison de l'absence de recensements écrits par les peuples autochtones. Cependant, des recherches récentes combinant des méthodes génétiques et archéologiques remettent en cause cette vision. Ces nouvelles approches indiquent que la population aborigène avant l'arrivée des colons européens en 1788 était bien plus importante que ce que l'on pensait. Par exemple, des études génétiques montrent que les groupes autochtones étaient dispersés sur l'ensemble du continent, avec des densités de population variables selon les régions. Ces découvertes soulignent la complexité des sociétés aborigènes, qui vivaient dans des écosystèmes diversifiés et avaient développé des réseaux d'échange et de communication sophistiqués sur de vastes territoires.
Entre 1788, date de l'arrivée des premiers colons britanniques, et 1861, la population aborigène aurait diminué de manière dramatique, avec une estimation de 2 millions de morts selon des travaux récents. Cette baisse s'explique principalement par les violences directes perpétrées par les colons, les maladies introduites par les Européens contre lesquelles les Autochtones n'avaient pas d'immunité, ainsi que par la destruction de leurs modes de vie traditionnels. Les colons européens, souvent soutenus par des politiques gouvernementales, ont occupé les terres aborigènes, perturbé les écosystèmes et imposé des conditions de vie précaires. Ces événements ont entraîné des famines, des déplacements forcés et des conflits armés, contribuant à un effondrement démographique sans précédent.
Pour estimer l'impact démographique de la colonisation, les chercheurs ont utilisé des méthodes croisées, notamment la génétique et l'archéologie. La génétique permet d'étudier les traces ADN laissées par les populations passées, révélant des informations sur leur répartition et leur nombre. L'archéologie, quant à elle, analyse les vestiges matériels comme les outils, les habitations ou les sépultures pour reconstituer les modes de vie et les densités de population. Ces disciplines, combinées à des sources historiques limitées, offrent une vision plus précise des sociétés autochtones avant et après la colonisation. Cette approche interdisciplinaire est essentielle pour corriger les biais des récits coloniaux traditionnels, souvent basés sur des témoignages européens.
Les manuels scolaires et les récits historiques ont longtemps sous-estimé la taille et la complexité des sociétés aborigènes en Australie avant 1788. Cette vision était en partie due à l'absence de sources écrites produites par les peuples autochtones, ainsi qu'à la focalisation des colons sur leurs propres récits. Les nouvelles recherches montrent que les Autochtones vivaient dans des sociétés organisées, avec des structures sociales, économiques et culturelles élaborées. Leur déclin démographique rapide après 1788 reflète non seulement les violences coloniales, mais aussi une méconnaissance historique persistante. Ces découvertes invitent à une réévaluation critique des récits dominants et à une reconnaissance plus large des contributions des peuples autochtones à l'histoire de l'Australie.

