Ozempic, Wegovy : la moitié des utilisateurs déclarent boire moins d’alcool depuis qu’elles sont sous traitement
Près de la moitié des Américains qui commencent un traitement par Ozempic déclarent boire moins. L'alcool sous Ozempic perdrait de son attrait parce que la molécule agit sur les circuits cérébraux de la récompense.
Une étude publiée le 14 octobre 2026 dans la revue JAMA Psychiatry par l'épidémiologiste Lori Uscher-Pines et son équipe de la Brown University School of Public Health révèle que 44,2 % des utilisateurs d'agonistes du GLP-1, comme l'Ozempic ou le Wegovy, déclarent boire moins d'alcool depuis le début de leur traitement. Les agonistes du GLP-1 sont des molécules qui imitent une hormone intestinale, le GLP-1 (Glucagon-Like Peptide-1), régulant notamment l'appétit. Cette enquête, menée sur plus de 2 000 adultes américains, dont 242 utilisateurs de ces médicaments, montre que 106 personnes (44,2 %) ont réduit leur consommation d'alcool, tandis que seulement 6 % rapportent une augmentation. Parmi les buveurs à risque, définis comme dépassant les seuils sanitaires recommandés, 54,1 % (71 personnes sur 129) déclarent aussi une baisse de leur consommation.
Les agonistes du GLP-1 agissent non seulement sur l'appétit, mais aussi sur les circuits cérébraux de la récompense, où se trouvent des récepteurs du GLP-1. Ces zones cérébrales, comme le noyau accumbens, jouent un rôle clé dans l'envie impérieuse (craving) de consommer, qu'il s'agisse de nourriture ou d'alcool. En modulant ces circuits, les molécules réduisent l'attrait pour l'alcool, un effet déjà observé dans des essais cliniques préliminaires. Cependant, d'autres facteurs pourraient expliquer cette baisse, comme les nausées fréquentes liées au traitement, qui rendent l'alcool désagréable, ou les changements d'hygiène de vie associés à une perte de poids. Les auteurs soulignent que ces mécanismes restent à préciser.
Les premiers essais randomisés, menés sur de petits groupes de buveurs réguliers, comparent l'efficacité du sémaglutide (la molécule active de l'Ozempic) à un placebo. Les résultats montrent une réduction du nombre de verres consommés les jours de consommation chez les participants traités. Cependant, ces travaux restent préliminaires et nécessitent des confirmations sur des groupes plus larges et sur des durées plus longues. Aucune autorité sanitaire n'a encore autorisé ces molécules pour le traitement de la dépendance à l'alcool, bien qu'elles soient déjà approuvées pour le diabète de type 2 et la perte de poids. Les résultats définitifs sont attendus pour 2027.
L'étude repose sur des déclarations subjectives des patients, recueillies à un seul moment, sans comparaison avec un groupe témoin non traité. Cela limite la portée des conclusions, car d'autres facteurs, comme l'effet placebo ou les changements de mode de vie, pourraient influencer les résultats. Les auteurs reconnaissent que des recherches supplémentaires sont nécessaires pour confirmer l'effet des agonistes du GLP-1 sur la consommation d'alcool et pour distinguer les mécanismes biologiques des effets indirects, comme les nausées ou les modifications comportementales.

