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Environnement

« Il faut creuser partout » : TotalEnergies veut encore augmenter sa production de pétrole

Reporterre · mis à jour 1 oct.

TotalEnergies veut augmenter sa production de pétrole et de gaz de 2 à 3 % par an entre 2030 et 2035. Selon Maxime Combes, économiste et membre d'Attac, la législation sur le climat est insuffisante pour encadrer le pétrolier.

Stratégie de TotalEnergies

TotalEnergies, une entreprise française spécialisée dans l'énergie, annonce son intention d'augmenter sa production de pétrole malgré les enjeux climatiques actuels. Selon son PDG Patrick Pouyanné, l'objectif est de répondre à la demande énergétique mondiale tout en maintenant sa rentabilité. Cette stratégie s'inscrit dans un contexte où les énergies fossiles restent majoritaires dans le mix énergétique global, malgré les engagements internationaux pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. L'entreprise justifie cette décision par la nécessité de sécuriser l'approvisionnement énergétique et de préserver ses investissements dans des infrastructures existantes. Cette approche contraste avec les appels à la transition énergétique accélérée portés par des organisations comme l'ONU ou des associations écologistes.

Projets d'expansion mondiale

TotalEnergies prévoit de développer de nouveaux projets pétroliers dans plusieurs régions du monde, notamment en Afrique, en Amérique du Sud et au Moyen-Orient. Parmi ces projets, on trouve l'exploitation de nouveaux gisements en Ouganda, où l'entreprise collabore avec le gouvernement local pour construire un oléoduc géant de 1 446 kilomètres, le East African Crude Oil Pipeline (EACOP). Ce projet, estimé à 10 milliards de dollars, vise à transporter jusqu'à 216 000 barils de pétrole par jour. En parallèle, TotalEnergies renforce ses activités en Guyane française, où elle exploite déjà des gisements offshore, et explore de nouvelles zones en Brésil et en Namibie. Ces initiatives s'accompagnent d'une recherche constante de nouveaux permis d'exploration pour étendre son portefeuille de projets.

Réactions des ONG

Cette stratégie expansionniste de TotalEnergies suscite de vives critiques de la part d'organisations non gouvernementales (ONG) comme Les Amis de la Terre ou ReCommon. Ces associations dénoncent un décalage entre les engagements climatiques de l'entreprise et ses actions concrètes, soulignant que l'augmentation de la production de pétrole contribue directement au réchauffement climatique. Elles rappellent que TotalEnergies s'est engagée à atteindre la neutralité carbone d'ici 2050, tout en continuant à investir massivement dans des projets fossiles. Les ONG qualifient cette politique de greenwashing, c'est-à-dire une communication visant à donner une image écologique trompeuse, tout en maintenant des activités polluantes.

Enjeux économiques et climatiques

Le choix de TotalEnergies d'augmenter sa production de pétrole s'explique aussi par des impératifs économiques. Le pétrole reste une source majeure de revenus pour l'entreprise, qui a enregistré un bénéfice net de 16 milliards d'euros en 2022. Cependant, cette stratégie entre en tension avec les objectifs climatiques internationaux, comme l'Accord de Paris de 2015, qui vise à limiter le réchauffement à 1,5°C. Les scientifiques alertent sur le risque d'un dépassement de ce seuil si la production de pétrole continue d'augmenter. Par ailleurs, les investisseurs et les régulateurs commencent à exiger une meilleure transparence sur les risques climatiques liés aux activités des entreprises, ce qui pourrait influencer les décisions futures de TotalEnergies.

Ce que ça pourrait changer

Malgré les controverses, TotalEnergies maintient sa feuille de route, affirmant que la transition énergétique doit se faire de manière progressive pour éviter des perturbations économiques et sociales. L'entreprise mise sur des technologies comme la **capture et le stockage du CO₂** (*CCS*) pour réduire l'empreinte carbone de ses projets, bien que ces solutions soient encore limitées à l'échelle mondiale. Les associations écologistes, quant à elles, appellent à un arrêt immédiat des nouveaux projets pétroliers et à un recentrage sur les énergies renouvelables. Le débat reste ouvert entre les partisans d'une transition énergétique rapide et ceux qui prônent une approche plus prudente, notamment dans les pays dépendants des revenus pétroliers.

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