Comment les États et les géants de la tech s'arrachent les données «en or» de la guerre en Ukraine
Ces données récoltées lors des combats s'avèrent très précieuses et utiles dans les domaines de la défense et de la sécurité, notamment pour entraîner les modèles d'IA. Le Royaume-Uni est récemment devenu le premier État étranger à avoir accès à certaines données ukrainiennes collectées par drones et capteurs..
Les données collectées pendant la guerre en Ukraine, comme des vidéos de frappes de drones, des informations issues de capteurs ou des stratégies militaires, sont considérées comme une mine d'or par les États et les entreprises technologiques. Ces données permettent d'entraîner des modèles d'intelligence artificielle (IA) nouvelle génération, utilisés ensuite pour renforcer les systèmes militaires lors de futurs conflits. Selon New Scientist, ces informations sont si précieuses qu'elles sont activement recherchées par les superpuissances mondiales et les géants de la tech. Leur valeur réside dans leur caractère réel et concret, contrairement aux données simulées en laboratoire, ce qui en fait un outil clé pour développer des technologies militaires avancées.
En août 2026, l'Ukraine a signé un accord historique avec le Royaume-Uni pour partager une vaste quantité de données collectées depuis le début de l'invasion russe à grande échelle. Ces données proviennent de drones, de caméras et de capteurs, et alimentent un modèle ukrainien d'IA nommé «Avengers AI». Ce modèle est conçu pour identifier les adversaires et leur équipement en temps réel, réduisant ainsi le temps nécessaire à la préparation des attaques. Le Royaume-Uni devient ainsi le premier État étranger à accéder à ce système. Peter Lee, professeur d'éthique appliquée à l'université de Portsmouth, souligne que ces données valent bien plus que tout ce que le Royaume-Uni a fourni à l'Ukraine ces dernières années, sans qu'il soit possible de les chiffrer précisément.
Les modèles d'IA entraînés avec ces données ukrainiennes peuvent être utilisés pour piloter des drones de manière autonome, surveiller des milliers de flux vidéo et de capteurs afin de détecter les mouvements de l'adversaire, ou encore analyser des images d'attaques pour repérer des défauts dans le matériel militaire. Ces systèmes sont aussi capables de planifier des frappes et de sélectionner des cibles. Par exemple, le Royaume-Uni teste actuellement un projet visant à transformer des câbles à fibres optiques enterrés en capteurs pour détecter les intrusions hostiles sur un site de défense britannique non divulgué. Ces technologies visent à moderniser les capacités militaires en automatisant certaines tâches critiques.
Les grandes entreprises technologiques, comme Palantir et Scale AI, sont également en compétition pour accéder à ces données ukrainiennes. Palantir collabore depuis longtemps avec Kiev via un accord de partage de données, tandis que Scale AI utilise des informations satellitaires pour suivre les mouvements des troupes russes. Joe Burton, professeur de sécurité à l'université de Lancaster, explique que ces entreprises se disputent ces données car elles offrent un avantage commercial majeur. En effet, disposer de données réelles et crédibles, issues du champ de bataille, plutôt que de données simulées, permet de développer des modèles d'IA plus performants et plus fiables pour des applications militaires ou de sécurité.

