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Généraliste

L’Espagne lève le mandat d’arrêt contre le chef séparatiste catalan Carles Puigdemont

ICI Radio-Canada · mis à jour 6 oct.

Il est trop tôt pour savoir quel impact son retour aura sur la campagne électorale en Espagne..

Fin du mandat d'arrêt

Un juge de la Cour suprême espagnole a levé mardi 6 octobre 2026 le mandat d’arrêt international émis contre Carles Puigdemont, chef séparatiste catalan. Ce mandat, en vigueur depuis près de dix ans, l’empêchait de retourner en Espagne sans risquer une arrestation. Cette décision judiciaire intervient après qu’un tribunal constitutionnel espagnol a annoncé l’application d’une amnistie en faveur des séparatistes catalans, une mesure légale qui annule les poursuites pénales pour certains actes liés à la crise indépendantiste de 2017. Puigdemont, qui vit en exil en Belgique depuis 2017, peut désormais envisager un retour en Catalogne sans crainte d’être incarcéré. Cette levée du mandat survient à quelques semaines des élections législatives espagnoles prévues le 29 novembre 2026, un scrutin qui pourrait être influencé par son retour.

Contexte historique

Carles Puigdemont, âgé de 63 ans, était le président de la Generalitat de Catalogne (gouvernement régional catalan) en 2017 lorsque la région a tenté de déclarer son indépendance de l’Espagne. Cette initiative, jugée illégale par Madrid, a provoqué une crise politique majeure. Puigdemont et plusieurs autres dirigeants catalans ont fui le pays pour échapper à des poursuites pour sédition (incitation à la révolte contre l’État) et détournement de fonds publics. Depuis, il a continué à diriger son parti, Junts (Ensemble en catalan), depuis l’étranger, tout en conservant une base de soutien parmi les indépendantistes. En 2024, il était brièvement revenu en Espagne pour un discours public à Barcelone, échappant cette fois à l’arrestation grâce à une mobilisation de ses partisans.

Amnistie et enjeux politiques

L’amnistie annoncée par la Cour constitutionnelle espagnole concerne les séparatistes catalans condamnés pour leur rôle dans la tentative de sécession de 2017. Cette mesure, adoptée sous la pression du gouvernement du premier ministre Pedro Sánchez, vise à apaiser les tensions politiques en Catalogne. Cependant, elle reste très controversée en Espagne, où une partie de la population et de la classe politique y voit une capitulation face à des actes jugés anticonstitutionnels. Puigdemont, dont un allié politique a déjà bénéficié de cette amnistie, voit ainsi sa situation judiciaire s’améliorer. Son retour pourrait cependant compliquer la campagne électorale de Sánchez, déjà fragilisé par des désaccords avec Junts, son parti allié, qui a récemment rejeté des mesures gouvernementales clés.

Impact électoral incertain

Le retour de Puigdemont en Espagne intervient à un moment charnière, à quelques semaines des élections législatives anticipées du 29 novembre 2026. Sánchez, qui avait besoin du soutien de Junts pour former son gouvernement en 2023, pourrait désormais subir les conséquences politiques de ce retour. En effet, Junts a récemment bloqué des projets de loi du gouvernement, comme des mesures d’urgence sur le logement, poussant Sánchez à convoquer des élections anticipées. Puigdemont, bien que populaire parmi les indépendantistes catalans, reste une figure très polarisante en Espagne. Son arrivée pourrait mobiliser ses partisans, mais aussi alimenter les critiques des partis d’opposition, qui pourraient l’utiliser comme symbole des divisions politiques du pays.

Ce que ça pourrait changer

La levée du mandat d’arrêt a été saluée par les partisans de Puigdemont, qui y voient une victoire pour la cause indépendantiste. Son parti, Junts, a immédiatement annoncé une conférence de presse depuis Waterloo, en Belgique, où il réside. En Espagne, la décision divise : certains y voient une avancée vers la réconciliation, tandis que d’autres dénoncent une mesure injuste envers les victimes des actions séparatistes. Puigdemont, qui a toujours refusé de reconnaître la légalité des poursuites contre lui, pourrait désormais jouer un rôle plus actif dans la campagne électorale, bien que son influence reste difficile à évaluer. Les prochaines semaines seront cruciales pour déterminer l’impact réel de son retour sur le paysage politique espagnol.

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